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L’intégralité des propos du Président Nicéphore Dieudonné Soglo à la presse ce 21 Janvier 2016
Écrit par Le Matinal du 22/01/2016   

« Vous avez vu la vidéo qui est passée. Je pense que ce n’est pas un acteur de Hollywood qui joue. Ce qui a été dit est d’une exceptionnelle gravité, de mon point de vu. Nous avons mené le combat pour la renaissance du continent africain au prix de notre vie, et comme l’a doit Nelson Mandela, on est prêt à donner sa vie pour ses aïeux... Il est dit « le seul continent que la France a un excellent commercial, c’est l’Afrique. L’Afrique achète des marques européennes, l’Afrique appartient à l’Europe. C’est dans le pays de Béhanzin, de Kaba, de Bio Guerra qu’on entend cela. Souvent, vous dites que la Chine est en train d’acheter l’Afrique mais qui possède les mines, les produits agricoles, l’immobilier ?

C’est l’Europe et c’est un atout énorme. On n’appartient pas encore à la Chine parce que nous sommes une marchandise contre-ventre. Elle n’appartient pas encore à l’Inde ni au Brésil, on se demande combien de gens vont els acheter. Quelque chose de préoccupante est qu’ »elle n’appartient pas encore aux africains ». C’est ahurissant. Je voudrais terminer en vous disant que la France n’est pas en voie de déclin en voie de mondialisation. La France n’est pas une puissance moyenne. L’Afrique, c’est 53 états. On n’est pas une puissance moyenne en Afrique quand on fait deux fois la richesse de tout un continent. L’image de la France est fondamentale. Soutenons les entreprises françaises ». Voilà en résumé le message qui a été délivré et je pense que chaque béninois, chaque béninoise doit savoir que quand je parle de la France Afrique, je sais de quoi je parle. On a dit que c’est un mythe. Croyez-vous que c’est un mythe ? Je crois que le combat que nous menons, comme le disait Aimé Césaire, « pour notre dignité, pour baliser la route de l’avenir à l’Afrique ». Je voudrais vous dire quelques mots et vous remercier d’être ici. Je souhaite que nous puissions aller de victoire en victoire pour la renaissance de notre continent. J’ai commis l’imprudence de dire un jour que notre pays sans pétrole, sans d’or est le cœur de la CEDEAO. Nous sommes le pont entre le Niger à travers le couple Ghana, Côte d’Ivoire et en même temps l’exutoire d’un pays comme le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Il y a une doctrine qui dit qu’il ne faut jamais que, les anglais mettent le pied à Lomé car, Olympio l’a payé de sa vie. Ce point de presse vise deux objectifs essentiels. Premièrement, c’est l’occasion pour nous de montrer à la face du monde les raisons qui ont motivé la création du Front anti Wahala de recolonisation du Bénin et ensuite, je donnerai ma position sur le soutien apporté par la Renaissance du Bénin à la candidature de Lionel Zinsou. La corruption a été de tout temps le fléau qui a ravagé les pays pauvres en particulier et au vue et au su du sous-développement chronique dans lequel végète l’Afrique. Je sais que ça a permis de barrer la route à la fuite de la richesse dans notre pays. La corruption a été de tout temps le fléau qui a ravagé les pays africains et conduit au sous-développement chronique dans lequel végète aujourd’hui l’Afrique. Aujourd’hui plus que jamais, après plus de cinquante ans d’indépendance, les pays africains en général et le Bénin en particulier ont besoin d’un sursaut patriotique de ses enfants pour barrer la route au phénomène de la corruption et de ses corolaires, afin que s’ouvre une nouvelle ère pour le développement socioéconomique de l’Afrique.

Chers journalistes, l’heure est grave et il faut éviter à tout prix un cataclysme à notre pays. Il faut à tout prix éviter un cataclysme à notre pays et dissiper les inquiétudes légitimes et les angoisses de plus e plus grandes au sein de notre peuple. Car le paysage politique traditionnel a radicalement changé. Et, à voir le niveau de tension entre les nouveaux acteurs et autres protagonistes des prochaines joutes électorales, sans publier la menace avérée du terrorisme qui est à nos portes, nous devons agir, pour que demain ne condamne les acteurs politiques et non politiques que nous sommes.

Conscient des énormes enjeux politiques, socio- économiques et géographiques auxquels notre patrie et les autres pays de la CEDEAO sont confrontés. Mais confiant dans le génie de notre peuple, une large concertation appelée par de nombreuses personnalités, formations politiques, autorités religieuses, formations, syndicales, organisations de la société civile se rassemblent et débattent des questions de la nation. C’est fort de tout cela qu’avec d’autres personnalités béninoises nous avons organisé le mardi 05 janvier 2016 à 10 H à la Salle de Conférence "MISSIO ALLEMANDE" du Chant d’Oiseau une rencontre de réflexion collective, d’échanges, de partage et de dialogue fécond comme signe d’espérance. On s’est dit que c’est l’occasion de refonder la démocratie dans notre pays. La finalité de cette initiative qui intervient à la veille de l’élection présidentielle du 28 Février prochain est d’amener les aspirants au fauteuil présidentiel à prendre devant tout le peuple béninois des engagements forts pour la lutte contre la corruption. Ces candidats doivent notamment apporter la preuve qu’ils ne sont pas à la solde des puissances d’argent, la Françafrique en tête, et qu’ils ne vont pas collaborer avec elles durant tout leur mandat. C’est la raison pour laquelle des invitations ont été envoyées à tous les acteurs politiques, candidats et leaders politiques. J’ai envoyé à des gens qui ont dit qu’ils ne pouvaient pas venir à cause de leur position politique. Malheureusement, aucun des potentiels prétendants au fauteuil présidentiel notamment Lionel Zinsou à qui j’ai fait porter une invitation, Sébastien Ajavon, Pascal lrenée Koupaki, Patrice Talon, Abdoulaye Bio Tchané ne s’est personnellement déplacé vers le chant d’oiseau pour apporter sa contribution au projet de la constitution d’une feuille de route porteuse d’une gouvernance de qualité. Cela montre de façon claire qu’il se pose un véritable problème quant à l’engagement de toute la classe politique nationale en ce qui concerne la lutte contre la corruption. C’est aussi la preuve que des actions hardies et urgentes s’imposent pour sauver le Bénin. Le Front Anti wahala de refus de la recolonisation du Bénin né de ces échanges se veut donc un creuset pour lancer des élections présidentielles, la réflexion devant déboucher sur des actions concrètes pour qu’au sortir des élections présidentielles du 28 février 2016, le nouveau Président soit un patriote si non les Béhanzin, Bio Guerra et Kaba se retourneront dans leurs tombes. Il doit élu par les citoyens eux-mêmes et non un homme à la solde des puissances d’argent, notamment de la Françafrique. En effet, notre refus de cautionner un candidat soutenu par les puissances d’argent et la Françafrique s’explique par le fait que ces réseaux ont toujours utilisés la corruption pour mettre dans leurs poches les dirigeants africains et poursuivre le pillage de leurs pays. Les affaires Kovacs, du nom du Français Louis Kovacs, qui a éclaté en 1972, et vous connaissez la conclusion que j’avais tiré. Quand je l’ai ressorti, je me dis qu’on se croit aujourd’hui parce que ce document est du 25 avril 1975 et la Françafrique avait mis à la tête de notre pays quelqu’un en faisant la proposition de lui faire signer une lettre manuscrite et le relevé des comptes. L’affaire Kovacs est le bel exemple des ravages qu’exerce la corruption sur la vie économique, politique et administrative des pays du tiers monde. Elle contribue non seulement à discréditer l’autorité, à l’affaiblir mais facilité également sa manipulation par les forces extérieures. J’ai demandé au Fonds Monétaire de faire un rapport sur l’affaire ICC Service qui est la plus vaste affaire d’escroquerie dans notre pays. Le Fonds Monétaire nous dit à la page 2 de ce rapport que les auteurs de cette collecte illicite sont parvenus à collecter près de 156 milliards de FCFA soit environ 5% du PIB. Le Fonds Monétaire dit qu’il s’agit d’une escroquerie majeure, animé par un certain Guy Aplogan. Quand on lit ça, on a honte. Le gouvernement qui était au courant de tout avait mis à la disposition de ces bandits de grands chemins des gardes auxquels le Ministère de l’Intérieur avait donné des permis de port d’armes. Qui est responsable ?

Face à cette démission de la classe politique nationale, en ce qui concerne la lutte contre la corruption, il revient désormais à chaque béninois et à chaque béninoise de jouer pleinement sa partition dans l’élection présidentielle du 28 février prochain. Il s’agira de barrer la route à la fraude électorale parce que Foka dit « ou je tue les gens, ou je gagne les élections par la fraude ».
Mon combat contre la recolonisation de l’Afrique et son assujettissement par les puissances d’argent n’est pas nouveau. Tout le monde connait mon engagement pour le panafricanisme et la lutte contre le néocolonialisme. C’est dire que loin des commentaires qui se font, mon combat n’est pas personnalisé, C’est un combat pour le développement de l’Afrique. Et tant que Dieu me donnera la force, le je mènerai.

Le second sujet sur lequel je voudrais me prononcer porte sur la constitution de la coalition FCBE - RB - PRD.

Je tiens à affirmer devant l’opinion nationale et internationale que je ne suis ni partie prenante, ni concerné, ni engagé par l’alliance de la Renaissance du Bénin avec les FCBE pour soutenir le candidat Lionel Zinsou. Je le lui ai dit personnellement. Pour moi, la parole donnée est sacrée.

Quand Lionel Zinsou et son père sont venus me voir, je leur ai dit que je suis vieux mais pour moi, qu’il y a des choses sacrées. Il y a l’affaire ICC. J’ai dit que le choix qu’on donne actuellement à l’électorat est entre la peste et le choléra. Il faut que chacun se prononce là-dessus. Comme le disait le Professeur Albert Tévoédjrè, « l’homme du consensus de la Conférence nationale a raison de s’indigner ». Il faut lever la voix et se faire entendre dans ce tourbillon où l’argent et les intérêts personnels ont tout emportés dans leur fraude y compris les fondements éthiques de notre société. C’est pour ça que nous devons parler d’une même voix. Je suis venu ici pour dire que j’adhère ce que dit le Front, la convention patriotique des forces de gauche parce qu’il y a une volonté des coalisés d’effacer et d’enterrer les crimes politiques et économiques. Tout le monde sait ça et sait ce qui va arriver.

Nous avons raison de nous fâcher. Levez-vous. L’heure est grave. Cette alliance est une trahison contre l’intérêt supérieur de notre Bénin. Montrons que s’il y a encore au Bénin, des hommes, des amazones, tous se retrouvent contre l’affront contre la recolonisation de notre pays. Je crois que le peuple est informé et je dois dire aussi que mon épouse et moi avions contribué pour beaucoup. Notre position est claire. Moi Nicéphore Soglo, je ne soutiens pas Lionel Zinsou. Ma femme et moi l’avions clairement affirmé lors de la rencontre que nous avons organisée au chant d’oiseau.

Vive la démocratie
Vive le Bénin
Vive la Renaissance du Bénin
Je vous remercie !

Questions des journalistes

1) Monsieur le Président, Pourquoi votre épouse, Rosine Soglo, n’est pas avec vous, n’est-ce pas une question de la distorsion de la RB ?

La présence de mon épouse qui est handicapée, qui est mère et qui souffre. Vous êtes ici tous pour la plupart des parents. Vous allez voir dans la campagne ce que nous allons faire, et quand le moment sera venu, je vous donnerai mon opinion et mes directives parce que le peuple a confiance dans l’héritage que nous avions laissé. Je disais toujours « les aveugles verront et les sourds entendront ».

2) Monsieur le Président, les candidats que vous avez reçus en audience à votre domicile ont-ils pris des engagements sur l’affaire dite ICC-Services ?

C’est quelque chose qui est douloureux. Je vous ai montré le document du Fonds monétaire international. Quand on est venu me voir à Paris, c’est moi qui ai dit au Chef de l’Etat avec Koupaki à ma gauche et Daouda en face de moi, quand on a escroqué la Sonacop de 37 milliards pour m’affronter en 2003, Bio Tchané a eu le courage de demander que la BCEAO vienne faire une enquête, ce qui a montré qu’au fond on a acheté la Sonacop avec l’argent de la Sonacop. Alors, je leur ai dit qu’ils font tous partie de la BCEAO et qu’on ne peut pas être tous à la fois juge et partie. Il faut donc envoyer donc au Fonds Monétaire et à la banque ce que j’ai envoyé. Ils ont caché ce document pendant un an et demi. Je l’ai eu parce que c’est comme ça que les grandes puissances utilisent les pays pauvres. La corruption est une affaire d’Etat et comme disait Thomas Sankara, « il n’y a pas de corruption sans corrupteurs ». Et qui sont les corrupteurs, ce sont les grandes sociétés et tous les Etats industrialisés. Tous les quinze jours en France, les grands fonctionnaires se réunissent pour fixer le taux de la corruption par région. Parmi les organismes qui le font, il y a la COFAS en France, l’Exil Bank aux Etats Unis, en Allemagne c’est ERMES, c’est l’Etat et rien d’autre, en Grande Bretagne, c’est EGGD. C’est un établissement officiel qui organise la corruption. Combien de gens le savent. C’est l’argent que les blancs utilisent pour trahir les noirs. Au Japon, tout le monde sait que c’est officiel. Ça permet de mettre le fil à la pâte en disant le Chef d’Etat qui prend notre argent devient notre esclave. C’est ce qui s’est passé dans l’affaire ICC. Il y a des chefs d’Etat qu’on terrorise de temps en temps et c’est ce qu’on a fait avec le nôtre. Une fois qu’on a eu ce rapport, que je n’ai pas eu pendant un an et demi, ça a permis de faire au Chef d’Etat une proposition qu’il ne peut pas refuser. Une fois qu’on a fait ça, on a dit qu’il peut aller aux élections faire le KOP mais une fois cela fait, il faut trouver l’argent. C’est là où les ennemis jurés mettent sur pied le PVI, Programme de vérification des importations, ce que fait déjà la douane. Ils ont fait un appel d’offre et la dispute a commencé. Ils nous avaient roulés dans la farine en 2006 et voilà qu’à l’échéance, ils sont comme ça. Une fois qu’il a commencé par faire son travail, on a entendu empoisonnement, tentative de coup d’Etat et l’autre a été obligé de prendre la fuite. Comme les grandes puissances ont des atouts, ils ont dit à Talon, si tu ne veux pas retourner dans ton pays où quelqu’un t’attend mais nous ne voulons pas qu’on change la constitution. C’est un homme têtu et on peut dire que la peur est mauvaise conseillère. J’avais dit un moment qu’il y a une vie après la Marina. S’il y a un problème on peut en parler et savoir quelle disposition prendre. Si on laisse l’impunité s’installer, le Bénin ne s’en sortira jamais. C’est ce qui a fait qu’on a dit que le Monsieur a paniqué, il a accepté toutes nos propositions et nous allons lui demander de prendre quelqu’un qui va continuer sous d’autres formes. Je me suis demandé comment on va s’en sortir de cette galère parce qu’on a le choix entre la peste et le choléra. Voilà ce qui se passe dans notre pays. Si tu tombes dans la corruption, tu seras immédiatement l’esclave de l’autre. Quand j’ai été élu à la Conférence nationale, j’ai pris un engagement devant le peuple béninois, de dire quoi qu’il le coute la vérité, parce que c’est de cette seule manière que l’on peut guérir les maux. Quand on a fait la dévaluation, on nous l’a imposé parce que la situation du pays était dramatique. La plupart des pays ne pouvaient plus payer les fonctionnaires et le seul pays qui était à l’aise était nous. On avait bénéficié de la solidarité des pays riches parce que c’est la Côte d’Ivoire et autres qui mettaient de l’argent de notre compte qui est géré en France et le premier Ministre Français à l’époque nous a envoyé une lettre nous disant que le FMI et les autres partenaires demandent qu’on dévalue le FCFA de 50%. J’ai envoyé tous ces documents à toutes les autorités car j’ai toujours considéré notre peuple comme un peuple responsable. La façon dont l’économie est gérée est aggravée sur le plan politique. J’étais en France quand il y a eu le coup d’Etat du 26 octobre et ce qui m’a fait venir c’est le discours programme que j’ai lu à l’époque.

La caractéristique fondamentale et la source première de l’arriération de notre pays est la domination étrangère. L’histoire de cette domination est celle de l’oppression politique, de l’exploitation économique, de l’aliénation culturelle, de l’épanouissement des contradictions régionales et inter tribales. Il est temps d’arrêter ça.

3) Monsieur le Président, Vous soutenez finalement qui ?

Qui je soutiens ? On est en train de voir parmi tous ceux qui sont là. Ma femme et moi sommes contre la Françafrique. Nous sommes en train de voir les uns et les autres. Nous n’avons pas fini les négociations parce qu’il faut d’abord se débarrasser de la France Afrique pour qu’il n’y ait pas de KO.

Maintenant, nous allons voir parce que les partis politiques désargentés, il faut remettre tout le système politique en place, mettre un terme au multipartisme intégral où chacun devient un parti dans son quartier. Il faut repenser tout ça.
Je vous le ferai savoir. Je sais ce que je ne veux pas. Entre plusieurs maux, on choisit le moins mal.