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Front anti- françafrique: Soglo persiste et signe
Écrit par Le Matinal du 22/01/2016   

L’ancien président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo ne démord pas et tient à aller jusqu’au bout de son combat contre la recolonisation du Bénin à travers la personne de Lionel Zinsou, candidat de la France à la présidentielle de 2016... Après sa sortie du 05 janvier, il vient de donner à nouveau de la voix pour enfoncer le clou en indiquant sans porter de gants qu’il ne soutiendra pas le candidat de la France et de Yayi. Hier jeudi 21 janvier 2016, il s’est entretenu avec les hommes des médias.

Le réquisitoire prononcé à l’entame de la rencontre confirme le président Nicéphore Soglo comme un activiste de la lutte contre la françafrique. La sortie d’hier n’est rien d’autre que la suite logique de la rencontre qu’il avait initiée le 05 janvier 2016 pour dire non à la pratique de la françafrique que la France veut réinstaurer à travers la candidature de Lionel Zinsou à la présidentielle de février 2016 au Bénin. Sauf que cette fois-ci des éléments nouveaux sont apparus dans le débat. Depuis quelques jours une vidéo circule montrant Lionel Zinsou qui expliquait aux militants de l’Ump à Paris en mai 2011, que « l’Afrique appartient à l’Europe. » Cela continue de susciter des réactions, y compris celle de l’ancien chef de l’Etat. Sa sortie d’hier a commencé par la diffusion de cette vidéo qui met à nu les intentions du premier ministre candidat. C’est alors que Nicéphore Soglo s’est demandé si Lionel Zinsou ne se considère pas plus Européen et que c’est en cette qualité qu’il traite « l’Afrique comme une marchandise. » Il persiste et signe que : la Françafrique est un système de corruption qui vise à ruiner les pays du tiers monde et à les maintenir dans la paupérisation. Il en veut pour preuve ces propos de Lionel Zinsou qui attribuent la propriété des ressources minières, immobilières et autres aux pays européens notamment la France. Cette vidéo qui va sans doute donner de l’inspiration à l’opposition au cours de la prochaine campagne renforce la position du président Soglo dans sa lutte contre la recolonisation. Ancien administrateur de la banque mondiale, ex-chef de l’Etat et maire de Cotonou, a reprécisé sa pensée qui a sous-tendu l’organisation de la rencontre du 5 janvier 2016 au Chant d’oiseau à Cotonou. « Le Bénin a besoin d’un sursaut patriotique de ses fils pour barrer la route au phénomène de la corruption et de ses corolaires, afin que s’ouvre une nouvelle ère pour le développement socioéconomique du pays. » C’est convaincu de cela que l’ancien président affirme : « il faut à tout prix éviter un cataclysme à notre pays et dissiper les inquiétudes légitimes et les angoisses de plus en plus grandes au sein de notre peuple. Car le paysage politique traditionnel a radicalement changé. » Pour parvenir à dissiper ces inquiétudes, Nicéphore Soglo a initié la rencontre de réflexion collective et de dialogue fécond comme signe d’espérance. A ce conclave, étaient conviés tous les candidats potentiels à l’élection présidentielle du 28 février 2016 de même que des acteurs de la vie politique nationale etc. Il était attendu à cette rencontre que les participants et surtout les candidats puissent apporter leurs contributions au projet de constitution d’une feuille de route porteuse d’une gouvernance de qualité. Initiateur des assises du 5 janvier, il trouve que l’absence des candidats à cette rencontre pose un problème quant à l’engagement de toute la classe politique nationale en ce qui concerne la lutte contre la corruption. « Le Front anti-wahala de refus de la recolonisation du Bénin né de ces échanges se veut un creuset pour lancer la réflexion devant déboucher sur des actions concrètes pour qu’au soir de l’élection présidentielle du 28 février 2016, le nouveau président soit un patriote élu par les citoyens eux-mêmes et non un homme à la solde des puissances d’argent, notamment de la Françafrique », fait savoir Nicéphore Soglo. Ce dernier estime que son refus de cautionner un candidat soutenu par les puissances d’argent s’explique par le fait que ces réseaux ont toujours utilisé la corruption pour mettre dans leurs poches les dirigeants africains et poursuivre le pillage des pays et les affaires Kovacs et Icc-services en sont quelques illustrations patentes.

Démarcation de l’alliance Fcbe-Rb-Prd

Le leader charismatique de la Renaissance du Bénin (Rb), Nicéphore Soglo a tenu à signifier publiquement que cette alliance lui est tombée sur la tête. « Je tiens à affirmer devant l’opinion nationale et internationale, que je ne suis ni partie prenante, concerné, ni engagé par l’alliance de la Renaissance du Bénin avec les Fcbe pour soutenir le candidat Lionel Zinsou. Ma position est claire là-dessus. Moi Nicéphore Soglo, je ne soutiens pas Lionel Zinsou. Ma femme et moi l’avions clairement affirmé lors de la rencontre que nous avons organisée au Chant d’oiseau. » Au nombre des questions posées par les journalistes à cette occasion, figure celle relative au choix du président Soglo pour la présidentielle. Mais l’ancien président de la République, après avoir révélé que la situation politique est telle que les électeurs sont pris entre la peste et le choléra, a exhorté le peuple à la patience. « Les négociations se poursuivent et je donnerai ma position le moment opportun. « Ce qui est évident, c’est que quand vous avez à choisir entre plusieurs maux, il faut choisir le moindre. », a-t-il conclu.

Jean-Claude Kouagou