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Tous unis derrière Nago contre la révision de la constitution PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Matinal du 16/03/2015   
Lundi, 16 Mars 2015 08:52

Malgré la profession de foi quasi-permanente de Yayi Boni de quitter le pouvoir le 6 avril 2016, au terme de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, peu de monde croient en cet engagement. On a pu le constater samedi dans la tonalité des discours lors de la sortie officielle des Forces démocratiques unies (Fdu). Tous les leaders qui se sont succédé à la tribune ont marqué leur opposition au projet de révision qui est au parlement, au point où Mathurin Nago a appelé à la création d’un front républicain anti-révision... « Mesdames, Messieurs, nous avons le devoir patriotique de nous unir pour sauver les acquis démocratiques de la conférence nationale de 1990… L’alternance au pouvoir s’impose », a lâché Valentin Houdé. Le président de l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement a dressé un tableau sombre des neuf années de gestion de Yayi Boni, et en déduit que l’homme n’est plus digne de confiance. Mathys Adjidjatou s’est montrée plus explicite. Avec la même force et la même verve qu’elle a utilisées pour louanger le courage et la grandeur politique de Mathurin Nago, la présidente d’honneur des Forces unies pour la renaissance de la démocratie (Furd) a émis le vœu que le Fdu se pose en rempart contre la modification de la loi fondamentale du Bénin, avant avril 2016 : « l’initiative (de la naissance du Fdu) est d’autant plus louable et salvatrice qu’elle entre dans le cadre du regroupement des partis politiques de notre pays, mais aussi et surtout parce qu’elle naît à un moment où notre pays le Bénin a besoin de vrais patriotes pour sauvegarder les acquis de la conférence nationale de février 1990, et contrer à tout prix les velléités opportunistes d’une révision de notre constitution »,a lancé l’ancienne ministre des finances avant de s’interroger : En quoi sa non-réalisation dans l’immédiat constitue-t-elle un frein pour l’organisation des prochaines élections dans notre pays ? La réponse lui sera servie sans ambigüité aucune par le député Bani Samari. Il y a « une volonté de mettre en berne la démocratie béninoise, une volonté de réviser de façon opportuniste la constitution du Bénin », a soutenu le premier vice-coordonnateur du Fdu. Très incisif comme à son habitude et « sulfureux » par moment, le Président de « Restaurer l’Espoir » anticipe même chez le chef de l’Etat un plan B pour s’éterniser au pouvoir, sans même réviser la constitution, et prévient : « Si le 6 avril 2016, Yayi Boni ne quitte pas le pouvoir, j’irai le chercher à 10 heures et la passation sera faite à 12 heures ». Des propos applaudis par une foule de militants acquis à la cause. Et comme avec Azannai, il y a toujours une bonne dose d’imprévisibilité, il a aussi distribué des mauvais points à ses alliés politiques du moment, leur reprochant de ne l’avoir pas vite suivi, quand, dès 2007, il a tiré la sonnette d’alarme face « aux excès de Boni Yayi ».
A « l’applaudimètre » des discours, c’est logiquement Mathurin Nago qui a eu la palme d’or. Au terme d’une heure d’intervention où il est fréquemment sorti de son texte, le coordonnateur national des Forces démocratiques unies a juré qu’il est impossible pour lui de « s’associer à une entreprise aussi dangereuse », une façon de couper court aux rumeurs faisant état de son soutien au projet de révision.

Nago appelle à un front républicain anti-révision

Mathurin Nago ne s’est pas contenté d’affirmer haut et fort son opposition au projet de révision constitutionnelle. Le président de l’Assemblée nationale a appelé à une unité d’actions de toutes les forces politiques et démocratiques qui partagent la même vision. Et dans ce sens, il a agité l’idée d’un front républicain anti révision. « Nous allons nous mettre ensemble à travers un partenariat, à travers un front républicain ». Une idée qui certainement fera école dans les prochaines semaines, mais qui donne aussi un avant-goût de ce que sera la campagne électorale pour les législatives du 26 avril prochain. L’opposition prend le pari d’en faire un référendum contre la révision de la constitution de Boni Yayi.

Abib Ishola Arouna

Valentin Aditi Houdé, pdt de l’And à la sortie officielle du Fdu : « Nous devons tout faire pour sauver notre démocratie en danger de mort »

« Aujourd’hui, les princes qui nous gouvernent, après avoir conduit notre pays dans le gouffre, trouve encore du souffle pour gloser, pour dire pompeusement à qui veut les entendre qu’après eux, ce sera encore eux. Il s’agit là d’une arrogance, car Dieu n’a pas créé que ceux-là au Bénin. Et lui, le très haut nous aidera à arrêter leur volonté d’exclusion et d’écrasement des autres. Désormais au Bénin, les aveugles voient bien et les sourds entendent clairement. Mesdames et messieurs, nous devons tout faire pour sauver notre démocratie en danger de morts. Il nous faut plus qu’une unité sacrée pour arrêter l’élan meurtrier d’un pouvoir qui se cherche une majorité parlementaire en fin de mandat, en foulant au pied les dispositions légales chez nous. En effet, alors que la campagne électorale n’est même pas encore lancée, les posters géants trônent partout et montrent l’image du président Yayi Boni avec le logo des Fcbe, cependant lui-même n’est candidat à rien ».

Candide Azannaï, président du parti Restaurer l’espoir : « . Le 6 avril à 10 heures, s’il ne prenait pas les précautions pour partir, j’irai le chercher »

« Qui a dit aux Fcbe, qui a dit à Yayi Boni de dire qu’il veut une majorité de cinquante, soixante-dix députés pour réviser la Constitution et pour rester au Pouvoir pendant cent ans ? Qui a pu leur mettre ça dans la tête ? Ils tiennent ça d’où ? Ou bien, notre Yayi Boni a réussi à acheter toutes les femmes, à mentir à tous les jeunes, qu’il se croit en terrain conquis, qu’il peut nous dire donner les bras, je vais vous attacher et nous allons lui remettre nos bras ? Que se passe-t-il comme ça ? Il est dans son dernier mandat, il va réviser la Constitution pour faire cent ans, lui Yayi Boni ? A partir du 1er avril, le 2 avril, si je n’ai pas vu les cartons d’invitation pour faire la passation de service, le 4 ou le 5, je vais demander à chacun d’entre vous de rester à la maison. Si le 5, le carton n’est pas fait, je lancerai un appel moi-même et vous demander, le 6 avril, de ne pas sortir de chez vous. Que personne ne sorte de sa maison. Je ne veux voir personne dans les rues, je ne veux voir personne dans la cour des maisons, restez dans vos chambres sous vos lits. Le 6 avril à 10 heures, s’il ne prenait pas les précautions pour partir, j’irai le chercher. Je fais partie de ceux qui ont fait venir Yayi Boni et, c’est à nous de le faire partir ».