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Marche sur le Parlement contre le retrait du droit de grève: Le bureau de Nago fuit les magistrats PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Matinal du 11/07/2013   
Vendredi, 11 Juillet 2014 10:38

De la bibliothèque nationale, les hommes en toge noir, sont assistés pour la circonstance de toutes les centrales syndicales entre autres l’Unstb, la Cgtb, l’Ong Alcrer, la Cstb, et plusieurs autres syndicats de la maison justice avec en tête l’Unamab. Une fois le seuil de l’esplanade de l’assemblée franchi, place aux cris de cœur des secrétaires généraux des centrales vêtus de rouge avec des banderoles rouges attachées au front... La marche projetée sur le parlement béninois par les magistrats pour protester contre le retrait de leur droit de grève a tenu toutes ses promesses. Elle a été gigantesque au point de faire fuir le bureau du président de l’Assemblée nationale, Mathurin C. Nago. En effet, la colère des magistrats est manifeste et transparaît sur les banderoles confectionnées pour la circonstance. On y lit des messages à connotation forte : « les amis de Houndété disent non au retrait du droit de grève aux magistrats ». On pouvait aussi noter une horde d’hommes en toge noir. Entre autres, les avocats Joseph Djogbénou et Ba Barapé. Malheureusement, l’attente aura été longue car aucun membre du bureau n’est sorti pour recevoir leur motion. A un moment donné, c’est le directeur du cabinet du président de l’assemblée nationale, Dadégnon Comlan qui s’est pointé pour recevoir cette motion. Mais très tôt, il est hué et renvoyé par les marcheurs. Celui- ci s’est simplement retiré des lieux. Les centrales syndicales et certains secrétaires généraux de la maison justice ont quand même pu s’adresser à leur troupe, pour exprimer tout leur mécontentement par rapport aux comportements des membres du bureau de l’assemblée nationale. Au finish, le président de l’Unamab Michel Adjaka a pu lui aussi dire quelques mots. Il promet revenir avec la même troupe, avec la même fougue pour déloger les députés le 17 juillet 2014, afin qu’ils les écoutent.

Séquestration du 2ème Vice-président Yèhouétomè

A la suite du renvoie du directeur de cabinet du président Nago qui n’a pas un mandat électif, c’est finalement le deuxième vice- président de l’assemblée nationale, le député Boniface Yèhouétomè qui a été annoncé pour recevoir les marcheurs. Mais force est de constater que ce dernier n’a pas eu le courage de se pointer devant les marcheurs. Il lui a été interdit par ses pairs du bureau présents dans l’enceinte de l’assemblée, de se rendre sur l’esplanade, où sont inondés les manifestants. C’est dire que ces membres du bureau restent figés sur leur position de départ, donc déterminés à faire voter cette proposition de loi de retrait de grève aux magistrats. Mais c’est sans compter avec le retrait de signature certains députés notamment Nazaire Sado, Cyriaque Domingo, Yacoubou Malèhossou et Parfait Houangni. Manifester le refus de recevoir les marcheurs, est un mépris pour la nation béninoise, expliquent certains députés de la mouvance qui ont préféré garder l’anonymat.

Claudine Prudencio dénonce la prise en otage des magistrats

Bien qu’elle soit signataire de cette proposition de loi de retrait du droit de grève aux magistrats, Claudine Prudencio vient de faire couler la barque des députés de la majorité parlementaire. Elle dit être foncièrement contre cette prise en otage des magistrats. « Pendant que le panier de la ménagère souffre et les opérateurs économiques nationaux menacés à la limite traqués et asphyxiés, les députés pensent à ôter le droit de grève aux magistrats. Ce n’est pas en leur ôtant leur droit de grève que les prisons seront désengorgés. Il y a mieux à faire dans le pays que de se mettre à traquer les magistrats. C’est des fonctionnaires comme tout le monde et ils ont aussi droit de faire la grève », a laissé entendre le député Claudine Prudencio. Avec ce revirement spectaculaire, le député Prudencio vient de couler l’initiative du député Rachidi Gbadamassi et des acolytes qui sont à la solde du pouvoir. Car en réalité, ce sont les magistrats seuls qui arrivent à affronter l’exécutif compte tenu de la séparation des pouvoirs telle que stipulée dans la constitution béninoise.
La forte artillerie des gendarmes n’a guère intimidé les marcheurs

Les forces de l’ordre, c’est-à-dire la Gendarmerie, ont dressé un rideau défensif d’hommes en treillis et très armés derrière des chicanes posées pour sécuriser le portail principal de l’assemblée nationale. D’un autre côté, les éléments de la police nationale étaient également présents sur le terrain. En face de l’assemblée, on pouvait remarquer des curieux aussi. Mais, il faut dire que l’armada des forces de l’ordre n’a pas émoussé l’ardeur des marcheurs qui sont venus jusqu’au niveau des barricades. Là, ils ont scandé des chansons révolutionnaires, demandé que Boni Yayi quitte le pouvoir puisque la démocratie béninoise est désormais en danger.

Thobias Gnansounou Rufino
(Br Ouémé/Plateau)