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Mot d’ordre de quatre Centrales syndicales:La grève partiellement suspendue PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Matinal du 16/04/2014   
Mercredi, 16 Avril 2014 16:23

Quatre Centrales syndicales sur la base des motifs énumérés dans une déclaration de suspension de la grève ont décidé de jeter les armes, en appelant leurs militants à reprendre leurs activités professionnelles au quotidien. Lire la motion de la Cgtb, de la Csa-Bénin, de la Cosi-Bénin et de la Cspib rendue publique hier... Déclaration de suspension de motion de grève

Tous les béninois et le monde entier ont appris avec beaucoup de frayeur et d’indignation, la barbarie avec laquelle les forces de sécurité publique sous le commandement du Commissaire central de la ville de Cotonou, Monsieur Pierre Agossadou sur les instructions du Préfet de l’Atlantique-Littoral, le sieur Placide Azandé ont mâté dans le sang à la Bourse du travail, le vendredi 27 décembre 2013, la marche pacifique de protestations organisée par les Confédérations, Centrales syndicales et la Fesyntra-Finances. Les trois (03) principales raisons qui ont motivé l’organisation de cette marche pacifique étaient :
- La recrudescence de l’insécurité grandissante depuis un moment dans notre pays avec comme corollaire l’enlèvement crapuleux de citoyen tel que Urbain Pierre Dangnivo, des assassinats planifiés et exécutés sur des personnes innocentes (cas de Madame Bernadette Agbossou Sohoundji, ancien Ministre et du Docteur Djènontin Sébastien, Professeur à l’Uac) et la tentative avortée de l’assassinat perpétré contre Monsieur Martin Assogba, Président de l’Ong Alcrer, le 09 Décembre 2013 ;
- La confiscation des libertés publiques à une catégorie de citoyens ;
- La validation puis la proclamation en Conseil des Ministres le 04 Décembre 2013, des résultats issus des concours frauduleux organisés par le Ministère du Travail et de la fonction publique au profit du Ministère des finances et de l’économie.
Les nombreuses images sanglantes de travailleurs molestés diffusées à travers le monde entier par les chaines de télévision et les réseaux sociaux n’ont nullement ému les Autorités de notre pays. Face à cette dérive totalitaire et en l’absence de toute expression de compassion et de regrets de la part des principaux auteurs et commanditaires de ce crime odieux contre les travailleurs, certains membres du gouvernement, le chef de l’Etat en personne et ses sbires ont au grand dam des populations embouché la trompette de déni de la réalité des agressions subies par les travailleurs blessés et pourtant transférés au Chnu Hkm pour y recevoir des soins appropriés avec les incapacités temporaires de cinq (05) à (14) jours. C’est dans cette situation de confusion savamment créée par le gouvernement du Docteur Thomas Boni Yayi que les organisations syndicales ont déposé un préavis de grève d’avertissement pour compter des 07 et 08 Janvier 2014. La plate forme revendicative comportait sept (07) points essentiels ci-après :
1- Le respect scrupuleux et la jouissance de libertés démocratiques et syndicales ;
2- Le relèvement de leurs fonctions de Messieurs Azande Placide, Préfet du Département de l’Atlantique-Littoral et Agossadou Pierre, Commissariat central de la ville de Cotonou, conformément à l’article 19 de la Constitution du 11 décembre 1990 ;
3- La garantie de la sécurité à tous les citoyens, surtout des responsables syndicaux, des magistrats, des responsables de toutes les organisations de la société civile, des partis politiques et des opérateurs économiques qui ne partagent pas les mêmes points de vue que le pouvoir ;
4- L’annulation pure et simple des concours frauduleux organisés par le Ministère du Travail et de la Fonction Publique au profit du Ministère des finances et de l’économie les 28 Juillet et 25 août 2012 ;
5- Le paiement aux agents de l’Etat y compris les enseignants les 25% d’augmentation d’indice salarial décidé en 2011 ;
6- La restitution des défalcations arbitraires sur salaires pour fait de grève licite ;
7- Le relèvement du Smig à hauteur de 60 000 F Cfa au moins par mois dans le secteur privé et parapublic.
Après avoir pris connaissance de la plateforme revendicative des travailleurs, au lieu d’entrer rapidement en négociation avec les responsables syndicaux pour aplanir les différends, le gouvernement s’est lancé dans des campagnes de dénigrement tous azimuts des dirigeants syndicaux et faisaient usage des moyens peu orthodoxes afin de briser les mouvements de grève qui, néanmoins, ont connu un succès éclatant.

Face à la détermination et à la résistance des travailleurs qui n’ont cédé ni aux chantages et ni aux menaces d’intimidation de tout genre, le gouvernement a fini, après plusieurs semaines d’atermoiement, par ouvrir les négociations avec les Confédérations en lutte sous l’égide de la commission adhoc créée unilatéralement par le gouvernement. Après sept (07) séances de négociations, le gouvernement a fini par donner satisfaction à certains points de revendications objet des différentes motions de grève déposées depuis le 02 janvier 2014. Il s’agit pour nous, de marquer une pause pour évaluer sans passion, les avancées que nous avons enregistrées, informer en toute connaissance de cause, les travailleurs sur l’évolution de la situation à ce jour et déterminer une nouvelle stratégie de lutte pour le règlement harmonieux des préoccupations qui n’ont pas encore trouvé satisfaction auprès du gouvernement, notamment celle relative à l’application de 1,25 aux enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire du relèvement du point d’indice à l’instar des autres Agents permanents de l’Etat et contractuels de l’Etat qui en bénéficient déjà.
Après un peu plus de trois (03) mois de paralysie des activités pédagogiques dans les établissements publics (écoles maternelles, primaires, cours secondaires, Universités), des services de la santé, de l’administration publique (plan, affaires étrangères, etc.) en faisant un bilan des acquis à la suite des négociations Gouvernement/Centrales et Confédérations syndicales, sans être totalement satisfaits sur tous les plans, nous pouvons néanmoins affirmer ce qui suit :
*En accord avec le Patronat, le Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) a été porté de 31 625 FCfa à 40 000 FCfa dans les secteurs Privé et Parapublic soit une augmentation de 26,50%. Cet accord a été validé par le Conseil national du travail en ses séances des 25, 26 et 27 février 2014 ;
*Les défalcations arbitraires opérées par le gouvernement sur les salaires des travailleurs au cours des mois de janvier et février 2014 pour fait de grève licite ont été restituées. Et le principe de la rétrocession des défalcations de 2012 a été acquis et prendra effet pour compter de fin avril 2014 ;
*-Prenant entièrement en compte les conclusions de la Commission chargée de faire la lumière sur la proclamation et la validation des résultats issus des concours frauduleux organisés par le Ministère du travail et de la fonction publique au profit du Ministère des finances et de l’économie, le gouvernement en sa séance du conseil des ministres du 26 Mars 2014 a procédé non seulement à l’annulation des concours incriminés mais également tous les autres concours qui s’en sont suivis et organisés par la même équipe de faussaires tapis dans le rang du Ministère du travail et de la fonction publique. Toutefois, toutes les organisations syndicales et l’opinion publique s’accordent pour reconnaître qu’il ne saurait y avoir de crimes sans coupables. C’est pour cela que nos organisations syndicales exigent que le gouvernement fasse un pas supplémentaire en sanctionnant sans complaisance les auteurs, co-auteurs et complices de ces forfaitures pour donner un contenu concret à la lutte contre la corruption et l’impunité dans notre pays ;

*Concernant les questions de liberté, sous le fallacieux prétexte d’une procédure d’enquête disciplinaire, le gouvernement a choisi, au mépris de l’éthique et de la morale et en violation de l’article 19 de la Constitution du Bénin, de protéger le sieur Placide Azandé, Préfet de l’Atlantique et du Littoral et le Commissaire Central de la Ville de Cotonou, Monsieur Pierre Agossadou dont les responsabilités sont pourtant engagés dans la répression sanglante du Vendredi 27 Décembre 2013. Certes, sous la pression populaire, le Préfet s’est vu contraint de rapporter son arrêté préfectoral inique et illégal permettant ainsi aux travailleurs de sortir massivement pour exercer leur droit constitutionnel à travers une marche historique dirigée sur la Préfecture, le 25 mars 2014. Par ailleurs, le Chef de l’Etat a présenté le 12 Mars 2014, les regrets du gouvernement aux travailleurs victimes de cette barbarie inédite dans notre pays. Les travailleurs estiment que, nonobstant ces gestes d’apaisement le Préfet Azandé et le Commissaire Agossadou doivent être relevés sans conditions de leurs fonctions pour être conformes avec les valeurs républicaines ;
*Au sujet de la garantie de la sécurité à tous les citoyens et surtout aux responsables syndicaux, magistrats, etc., le timide engagement pris par le gouvernement pour y veiller ne rassure guère les Confédérations qui exigent qu’il soit une réalité tangible dans nos villes et campagnes.
S’agissant de l’extension au profit des enseignants de la mesure de relèvement de la valeur du point d’indice à hauteur de 1,25 appliqué aux autres Agents Permanents de l’Etat et Agents Contractuels de l’Etat, bien que le décret 2011-505 du 05 août 2011 portant institution d’un coefficient de revalorisation des indices de traitement des Agents de l’Etat n’exclue pas les enseignants, la position du gouvernement prête à équivoque. Toutefois, les Confédérations syndicales réitèrent que les enseignants sont concernés par ladite mesure qui ne saurait être une doléance nouvelle et entendent lutter pour qu’ils soient rétablis dans leurs droits. C’est dans cette logique que, face à la léthargie observée du côté du gouvernement, quatre (04) Confédérations syndicales ont saisi par courrier en date du 31 mars 2014, le Ministre d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique, Président de la Commission Nationale Permanente de concertation et de négociations collectives Gouvernement/Centrales et Confédérations Syndicales aux fins de convoquer ladite Commission pour l’ouverture des négociations sur les problèmes de 1,25 des enseignants et la sédentarisation des vacataires. Cette commission après l’installation de ses membres a démarré effectivement ses travaux le Lundi 07 avril 2014 et les discussions devraient se poursuivre le 10 avril 2014. Mais à notre grande surprise, le gouvernement n’a plus convoqué les membres de la Commission. Nous dénonçons et prenons tout simplement acte de ce comportement irresponsable du gouvernement qui n’est pas de nature à baisser la tension sociale dans notre pays.

* La question de la sédentarisation des enseignants vacataires doit être traitée avec célérité par le Comité créé à cet effet et au sein duquel siègent les trois (03) syndicats de vacataires existants. Le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour donner satisfaction à cette légitime requête pour sortir cette catégorie d’enseignants de la misère et de la précarité.

Les organisations syndicales réaffirment que la détermination des travailleurs en grève a permis de noter des avancées significatives sur cinq (05) des sept (07) points de revendications. En conséquence, ce n’est pas la magnanimité d’un régime en mal de gouvernance que les confédérations tiennent totalement responsable de la situation de pourrissement dans laquelle se trouve plongé notre pays depuis le 27 décembre 2013 qui a permis la satisfaction des points contenus dans la motion mais, la lutte et la détermination des travailleurs.

Au regard de tout ce qui précède, il demeure quelques points de revendications non satisfaites à ce jour que nous voulons rappeler au gouvernement. Il s’agit de :

1- La non application aux enseignants de la maternelle, du primaire et du Secondaire des 25% à l’instar des autres fonctionnaires de l’Etat qui en bénéficient ;

2- De la question importante de la sédentarisation des enseignants vacataires ;

3- La rétrocession des défalcations illégales opérées sur les salaires des enseignants en 2012 pour fait de grève licite, en 2014 et en bloc ;

4- Le relèvement sans conditions de leurs fonctions du Préfet Placide Azandé et du Commissaire Agossadou Pierre pour violation des droits de l’Homme ;

5- Sanctions administratives et pénales contre les auteurs et complices de l’organisation des concours frauduleux organisés par le Ministère du Travail et de la Fonction Publique au profit du Ministère des finances.

En attendant la poursuite du dialogue avec le gouvernement sur les points cités supra, en vue de leur aboutissement effectif, et tenant grand compte des appels incessants des parents d’élèves, élèves, étudiants, autorités et personnalités morales, religieuses, gens de la société civile et la marche pacifique organisée sur le bourse du travail le Vendredi 11 avril 2014 par certains écoliers et élèves des cours primaires et secondaires de la ville de Cotonou et ses environs demandant la clémence des Secrétaires Généraux des Confédérations syndicales pour la reprise des activités pédagogiques en vue d’éviter une année blanche ; les quatre (04) Secrétaires Généraux des Confédérations et Centrales syndicales ci-dessous : CSA-Bénin, CGTB, COSI-Bénin et CSPIB, après plusieurs concertations et consultations de leurs bureaux respectifs qui ont marqué leur accord et en raison de l’autonomie organisationnelle de chaque Confédération ou Centrale syndicale, ont décidé en toute liberté de la suspension de la motion de grève pour compter de ce jour Mardi 15 Avril 2014 aux fins de permettre au gouvernement d’engager sans délai, la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux dans le cadre de la Commission nationale permanente de concertation et de négociations collectives Gouvernement/Centrales et Confédérations syndicales en vue de trouver des solutions acceptables par toutes les parties, s’agissant surtout des problèmes sensibles des enseignants et des vacataires.

Les Confédérations et Centrales syndicales invitent donc tous les enseignants à faire confiance à leurs Secrétaires Généraux, à ne pas céder à la provocation, à la pression, aux intoxications, aux manipulations, aux mensonges et aux fantasmes pour reprendre dans le calme et la sérénité leurs activités pédagogiques à la fin des congés actuels pour éviter le spectre d’une année blanche à nos enfants qui ne doivent pas être pénalisés ou sacrifiés sur l’autel de la méchanceté pour les crimes commis par ceux qui ont la charge de la gestion de notre pays.

Les Confédérations remercient et félicitent tous les travailleurs béninois pour leur endurance et esprit de solidarité dans la lutte et les populations qui ont condamné le massacre du 27 décembre 2013 et soutenu sans faille notre combat pour l’expression plurielle des libertés dans notre pays le Bénin. Le repli tactique que font les organisations syndicales conscientes devant leurs responsabilités historiques vis-à-vis du peuple ne saurait être interprété comme une faiblesse ou une capitulation, car notre souci majeur est d’éviter à tout prix une année blanche pour notre pays.

C’est pour cela que les Confédérations prennent l’opinion publique nationale et internationale à témoin et invitent le gouvernement à s’acquitter diligemment de ses devoirs régaliens pour une sortie honorable de la crise sociale qui perdure.

Au cas où le gouvernement persisterait dans du dilatoire et la mauvaise foi en refusant de donner satisfaction aux revendications restantes sous de fallacieux prétextes, les Confédérations et les syndicats de base concernés se réservent le droit de reprendre le mouvement de grève à tout moment.

Fait à Cotonou, le 15 Avril 2014

Ont signé :