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Durcissement du ton de l’Unanmab: Les magistrats compromettent l’initiative ‘’Zéro dossier dans les tiroirs’’ PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Matin du 02/07/2013   
Mardi, 02 Juillet 2013 07:14

En dépit  de sa lenteur habituelle dans le traitement des dossiers pour cause de ressources humaines, l’administration judiciaire béninoise est en proie à un sévère débrayage de trois jours par semaine et par tacite reconduction depuis quelque temps. C’est ce qu’a décidé l’Union Nationale des Magistrats du Bénin (Unamab) pour obliger le Chef de l’Etat à accéder à ses revendications. Mais, ces grèves répétées dans le secteur de la justice mettent en mal l’initiative ‘’zéro dossier dans les tiroirs’’ du ministre en charge de la reforme administrative.... Au niveau de l’appareil judiciaire béninois, les dossiers ne font que s’entasser depuis quelques temps sans être traités. Ceci est bien la résultante des mouvements de débrayage décidés par les magistrats qui invitent impérativement le gouvernement à revoir toutes les nominations irrégulières qu’il aurait faites au niveau du secteur puis à suspendre les décrets querellés à ce titre. Malheureusement, le silence du Chef de l’Etat couplé avec la non satisfaction des revendications de l’Unamab ne fait que dégrader d’avantage la situation. Durant trois jours encore, à compter de ce jour mardi 02 juillet, l’administration judiciaire ne touchera point aux dossiers déjà en instances dans ses tiroirs. Mieux, ses portes seront toutes fermées. Cette crise dans le secteur de la justice crée sans doute à l’Etat béninois des manques à gagner énormes. Mais aussi, elle n’est guère favorable à l’initiative prise récemment par le ministère chargé de la réforme administrative et institutionnelle qui est : ‘’zéro dossiers dans les tiroirs’’. En effet, cette initiative qui vise à promouvoir dans l’administration publique béninoise, une conscience citoyenne en vue d’un traitement accéléré des dossiers en instance dans les tiroirs, prend immanquablement un coup. De toute façon, on ne peut plus dire que l’administration judicaire suit actuellement la logique. Sinon qu’elle est à la traine. Déjà la semaine dernière, les portes de cette grosse machine de l’administration béninoise étaient toutes fermées durant 72 heures. Cette semaine également, les magistrats ont encore reconduit leur mouvement pour trois jours. Or, il faut rappeler que le secteur de la justice du Bénin est l’un des secteurs publics où le traitement des dossiers suit un rythme relativement lent. De même, nombreuses sont les personnes qui attendent impatiemment le dénouement de leurs dossiers encore en attente de décisions de justice. Bref, la situation est grave et met sur le banc des accusés, la responsabilité du gouvernement qui ne fait que faire durer le silence sur cette guéguerre qui l’oppose depuis quelques semaines à la maison justice. Le ministre en charge du secteur et le vice-président de la magistrature suprême ont également affiché ces derniers moments, une indifférence totale sur cette crise qui continue de secouer le secteur avec toutes les conséquences qui en résultent. Dès lors, le traitement des dossiers est suspendu  dans les tribunaux et au niveau des Cours. Ceux en instance sont retournés purement et simplement chaque semaine dans leurs tiroirs respectifs à cause de la grève sans que cela n’entame la prise de conscience des différents protagonistes en vue de rechercher un accord pour sortir l’administration judiciaire de cette paralysie qui aura à la longue des retombées graves sur le pays tout entier.

Justin EDIKOU