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Après la 1ère journée de Grève dans le secteur de la justice: Ousmane Batoko cède, mais l’UNAMAB poursuit son mouvement de débrayage PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Matin du 26/06/2013   
Mercredi, 26 Juin 2013 07:11

La grève des magistrats est mise en exécution. Depuis hier, les cours et tribunaux du Bénin sont paralysés.  A Cotonou, Porto-Novo et à Abomey-Calavi, le mouvement de grève a été largement  suivi, et d’après nos informations  la grève a été observée dans tous les départements. Au terme de la 1ère journée, chaque acteur fait le bilan... L’Union Nationale des magistrats du Bénin (Unamab) vient de remporter une victoire dans son bras de fer avec le gouvernement et le Conseil supérieur de la magistrature. Joint au téléphone hier par la Rédaction de votre journal, le président de l’Unamab,  Michel Adjaka, félicite ses collègues pour leur mobilisation. « Après le succès de ce jour, les collègues doivent maintenir la tendance. Je les invite à observer la même discipline pendant les deux jours restants », nous-a-t-il confiés. Aussi, n’a-t-il pas manqué de demander à ses camarades de venir  à l’assemblée générale du vendredi 28 juin, pour décider de la suite à donner au  mouvement ».  Pour rappel, l’union des magistrats reproche au gouvernement et au Conseil supérieur de la magistrature,  les  récentes nominations  de magistrats dans les cours et à la chancellerie. Pour eux, ces nominations ne respectent pas entre autres, les principes de préséance en règle dans leur corporation. Mais, ce triomphalisme de l’Union National des magistrats du Bénin contraste avec le désarroi des usagers des palais de justice du Bénin. Les citoyens qui avaient besoin des pièces, telles le casier judiciaire ou le certificat de nationalité, ont dû retourner bredouille à leurs domiciles respectifs. Les premières victimes de cette bataille entre les magistrats, le gouvernement et le Conseil supérieur de la magistrature, c’est bien les usagers. Pourtant dans cette atmosphère de grève, la ministre de la justice est absente du territoire. Son intérimaire, la ministre Mêmouna Kora Zaki Léhadi  n’arrive visiblement pas à convaincre le gouvernement à propos des conduites à tenir face aux revendications de l’Unamab. Mêmes les déclarations intempestives du Vice-président du Conseil supérieur de la magistrature, Ousmane Batoko n’ont pas émoussé la détermination des magistrats à en découdre avec le gouvernement.

Ousmane Batoko baisse le ton

Pour Ousmane Batoko, la grève en cours constitue le pique dans la guerre de déclarations observée ces derniers temps au sein des acteurs… Les problèmes évoqués par les collègues sont fondés et les irrégularités observées seront réexaminées’’ a-t-il déclaré à la presse. Pour Ousmane Batoko, « il faut que la paix revienne dans la  justice ». Et, pour rassurer ses interlocuteurs de l’Unamab, le président de la Cour Suprême a demandé qu’il faille que les magistrats laissent le temps, afin que les conditions soient réunies pour l’organisation d’une session du Conseil Supérieur de la Magistrature. Et pour montrer sa bonne foi et toute sa disponibilité à régler le problème, il a  déclaré avoir « obtenue auprès du président de la République la possibilité de réexaminer», les décisions contestées par les magistrats. Mais contrairement à ce que demande l’Unamab les installations de magistrats se sont poursuivies et pour le président de la Cour suprême ces « installations ne sont pas des actes à nier ». Le Vice-président du Conseil supérieur de la magistrature s’exprimait ainsi en marge de la cérémonie d’installation du président de la Cour d’Appel d’Abomey hier. Ces déclarations sont aux antipodes de celles tenues la semaine dernière après la cérémonie de passation de charges à la Haute Cour de Justice. A cette occasion, Ousmane Batoko disait que, l’Unamab n’avait rien à exiger du gouvernement et encore moins du Conseil supérieur de la magistrature. Après quelques jours et vu l’ampleur du mouvement de débrayage hier, il est revenu sur ses déclarations et semble privilégier désormais la voie du dialogue.  La morosité économique, la cherté de la vie sont déjà beaucoup de souffrances que subissent les populations. Une grève des magistrats ne fait qu’en rajouter à leurs souffrances quotidiennes. Vivement que les différentes parties puissent trouver un compromis pour le bonheur des justiciables.

Dieu-Donné KATAKOULA