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Répression des motocyclistes sans casque: A quoi sert le zèle du préfet de l'Ouémé-Plateau ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Adjinakou du 04/12/2012   
Mardi, 04 Décembre 2012 07:49

La conduite d'engins à deux roues sans casque à Porto-Novo et dans bien d'autres communes des départements se paye cher et cash. En plus de ce que l'usager est contraint après arrestation de s'acheter un casque illico, il est contraint à verser une amende. Pourtant, dans les autres départements, l'heure est toujours à la sensibilisation comme le souhaitait, il y a quelques jours, le ministre de l'Intérieur sur une Radio de la place... Il se note alors une contradiction et une disparité inquiétante dans la gestion de cette réforme liée à la sécurité et tout se passe comme si l'Ouémé-Plateau était un territoire à part dans la République. La question du port obligatoire du casque par les conducteurs d'engins à deux roues au Bénin reste sans doute l'une des grandes problématiques de la sécurité routière dans notre pays. La récurrence des décès liés à des accidentés sans casque prouve à souhait que le port du casque doit être respecté par tous. D'ailleurs, cette mesure est d'actualité depuis plusieurs dizaines années, vu qu'il était régit par le décret N°72-113 du 27 Avril 1972. Un décret foulé aux pieds à nos jours, sauf que les autorités béninoises en charge de la sécurité se penchent sur la question par ces temps où de graves accidents de circulation dictent leur loi à une génération de conducteurs intolérants et irrespectueux vis-à-vis du code de la route. En effet, pour régler une fois pour de bon la question du port de casque sur nos routes, le gouvernement avec l'appui des préfets des six départements et du Centre national de sécurité routière a lancé une vaste campagne de sensibilisation qui sera suivie d'une phase répressive qui certainement permettra de discipliner les récidivistes. Disparité et contradictions La réforme du port obligatoire du casque ainsi lancée, on peut observer une certaine disparité dans la mise en œuvre au niveau des départements. Dans les départements de l'Ouémé et du Plateau par exemple, le préfet François Houessou est allé à la vitesse grand V. Une série de rencontres d'échanges et de travail entre les forces de l'ordre, les usagers de la route en l'occurrence les conducteurs de taxi-moto, les vendeurs de motos et de casques, une petite sensibilisation et puis ça y est : la répression dès le 1er Avril 2012. Par arrêté 2012-N°1/071/SG/SSPCAS/DS/SA portant remise en vigueur dans les départements de l'Ouémé et du Plateau des prescriptions du décret N°72-113 du 27 Avril 1972, relatives au port obligatoire du casque par les conducteurs et les passagers des engins à deux roues et assimilés munis d'un moteur thermique, le préfet François Houessou a fixé l'ultimatum pour le port obligatoire du casque au 1er Avril après quoi la chasse aux indélicats a commencé avec tous ses corolaires : rançonnements et tracasseries divers. Pourtant, au vu d'un certain nombre de réalités socioéconomiques et culturelles de notre pays, les autorités telles que le préfet Placide Azandé des départements de l'Atlantique et du Littoral ont estimé que la phase de répression ne saurait intervenir de si tôt. D'où la sensibilisation est encore de mise dans ces localités à ce jour. D'ailleurs, cette position semble bien être en phase avec celle du gouvernement à écouter le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique qui sur la chaîne de radio Carrefour de Bohicon expliquait au sujet du port obligatoire du casque " Il faut prôner la sensibilisation que de se lancer bonnement dans la traque aux motocyclistes qui sont en faute ". Une position qu'il a également réitérée lors d'une discussion à bâton rompu qu'il a eu avec les journalistes accrédités au parlement à l'occasion de son passage à l'Assemblée nationale pour défendre le budget de son ministère où il dénonçait l'entêtement de certains préfet sur la question. Il apparaît donc comme un certain acharnement qui mérite d'être découragé. Le boulevard de l'anarchie En toute franchise, la répression pour défaut de casque est une réforme salutaire qui n'a pour vocation que de préserver la vie du conducteur. Le faire collectivement et sur la base de textes claires, universels, unanimes et de façon collective aiderait à parfaire l'opération et à couper court aux grognes des usagers qui dénoncent un rançonnement de la part des hommes en uniforme. Dans une interview à nous accordée le jeudi 15 mars 2012, le préfet François Houessou déclarait " les récidivistes seront dépossédés de leur moto (…) les propriétaires des motos arrêtées pour retirer leur bien devront après avoir présenté le casque, comme le stipule l'arrêté préfectoral, payer la fourrière au commissariat ou gendarmerie”. Mais la réalité est toute autre aujourd'hui. De 6.000fcfa dès le départ, les propriétaires des motos arrêtées paient aujourd'hui une somme de 3000 fcfa contre un reçu (dont nous détenons copie) sur lequel le motif n'est pas toujours le même. " Frais de gardiennage de moto " ici et " port de casque " ailleurs, sans compter les négociations gré à gré qui se font instantanément sur le lieu de l'arrestation. A combien s'élèvent les frais de fourrière pour moto dans notre pays ? En attendant d'avoir une réponse à cette question, il faut remarquer tout simplement que les départements de l'Ouémé et du Plateau semblent faire exemption aux principes de la réforme du port Obligatoire du casque, une situation qui devrait amener le préfet François Houéssou à revoir sa copie.


Vitali Boton