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Libération des proches de Guy Akplogan: Mauvaises nouvelles pour les spoliés de Icc-Services PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Adjinakou du 03/12/2012   
Lundi, 03 Décembre 2012 07:52

Plusieurs dirigeants de la structure illégale de placement d'argent, Icc-Services ont été libérés sous caution de la prison civile de Cotonou ce vendredi. Pendant ce temps, des milliers de spoliés qui ont déposé leur argent ne savent plus à quel saint se vouer plus de deux ans après ce scandale financier... On s'aperçoit dès lors que l'affaire de placement illégal d'argent est noyée progressivement sans que jamais les promesses de Boni Yayi de garantir le remboursement ne soient réalisées. Guyonne Yvonne Akplogan, directrice technique de Icc-Services et fille aînée de Guy Akplogan, Ezéchiel Bodjrènou, directeur administratif de Icc-Services, Ernest Tétédé, comptable de la même structure illégale et Firmin Akplogan, jeune frère de Guy Akplogan, un des responsables de Icc-Services sont désormais libres de leurs mouvements. Après plus de deux ans d'incarcération, ils ont recouvré leur liberté contre paiement d'une caution. L'audience au cours de laquelle, leur libération a été prononcée a eu lieu le vendredi dernier et c'est après une plaidoirie de Me Kato Attita qu'ils ont été relâchés. Avant ces quatre dirigeants, d'autres personnes non moins importantes qui sont impliquées dans cette scabreuse affaire ont été libérées sans trompette ni tambour. En dehors d'un autre jeune frère de Guy Akplogan qui n'a pas eu la chance et qui est décédé en prison il y a quelques mois, tous ceux qui sont encore dans les liens de la détention préventive dans cette affaire nourrissent aussi l'espoir de recouvrer un jour leur liberté. Et au nombre de ceux-ci, figurent principalement Guy Akplogan, Pdg de Icc-Services, Emile Tégbénou, son bras droit et Ludovic Dohou, Dg de Icc-Services. Dans le même temps, des milliers de Béninois qui ont été grugés restent sur leur faim et se demandent si un jour, ils seront remboursés. Et pour cause ! Les structures illégales de placement d'argent qui opéraient depuis quatre ans ont été révélées au grand public en 2009. L'affaire a tellement fait de bruit qu'elle a emporté le ministre de l'Intérieur d'alors, Armand Zinzindohoué. De même, certains collaborateurs du chef de l'Etat qui sont impliqués d'une manière ou d'une autre dans ce dossier ont été aussi arrêtés. C'est dans ce contexte que le chef de l'Etat a mis en place une commission présidée par l'Agent judiciaire du trésor, Mme Sévérine Lawson aux fins de tout mettre en œuvre pour rembourser les spoliés avec l'argent collecté par la structure Icc-Services. Malgré donc les nombreux biens et immeubles appartenant aux responsables d'Icc-Services, aucun déposant n'a été payé. Alors même que le chef de l'Etat a promis tout faire pour que les milliers de spoliés rentrent en possession de leur argent. On était en plein dans la campagne préélectorale. Etait-ce une promesse électorale ou Boni Yayi était-il sincère ? la question reste posée car à ce jour aucun déposant n'a encore été payé. Espoir mince Pour le président du collectif des spoliés des structures illégales de placement d'argent, Herman Minton, il n'y a pas encore péril en la demeure dans la mesure où selon lui, les principaux responsables que sont Guy Akplogan, Ludovic Dohou et Emile Tégbénou sont encore en prison. " Ceux qui ont été libérés ont eu à jouer à un moment donné des rôles dans cette affaire. Donc leur libération ne doit pas être perçue autrement ", a-t-il fait savoir. Mais, à la question de savoir si selon lui les épargnants seront payés un jour, il répond en ces termes " l'espoir est mince. Par rapport au silence qu'observe le gouvernement dans ce dossier, j'ai écrit, il y a une dizaine de jours à la présidente Sévérine Lawson pour en savoir davantage, j'attends toujours la réponse ". Néanmoins, il fait remarquer qu'environ 1 milliard 400 millions de Fcfa sont disponibles pour le compte de la structure Icc-Services. " Puisque il n'y a pas une liste fiable, on ne peut pas commencer le remboursement. Or, les responsables de Icc-Services subordonnent la remise de la vraie liste par leur libération ; ce qui du coup complique les choses ", a indiqué Herman Minton. Affaire étouffée En vérité, il n'est pas exagéré de dire que l'affaire qui a pris le nom Icc-services est en train d'être étouffée tout doucement. En plus de ce que plus personne n'en parle, ce sont les responsables de la structure maitresse du placement illégal d'argent qui ont commencé en nombre croissant, de recouvrir leur liberté. Comme on peut le constater, les espoirs sont très minces quant au remboursement des milliers de spoliés qui attendent désespérément le fameux jour où ils seront appelés par la commission Lawson. Et la justice semble être bloquée ou du moins limitée avec les conditions posées par les cerveaux de cette vaste escroquerie. Il revient alors au chef de l'Etat, qui a fait de cette affaire, un dossier personnel, de lui éviter de subir le même sort que d'autres dossiers qui ont éclaboussé la République. Le gouvernement devrait donc mettre en œuvre pour que les déposants soient remboursés intégralement, autrement c'est ceux qui estiment que la profession de foi de Boni Yayi par rapport à cette affaire n'était qu'une une promesse électorale qui engage ceux qui y croient, qui auraient raison.

Edgar Gnimavo