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Lutte contre la contrebande du carburant: Yayi promet un nouveau miracle (Il veut éradiquer le kpayo) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Adjinakou du 21/11/2012   
Mercredi, 21 Novembre 2012 09:11

Visiblement sûr de lui, le chef de l'Etat annonçait à la faveur d'une rencontre avec les femmes bénéficiaires de micro crédits, la suppression du trafic de l'essence frelatée dans notre pays. Cette volonté du chef de l'Etat si elle parvenait à se réaliser, sera à coup sûr à la faveur de l'économie nationale mais elle pose dans le même temps un certains nombre de problèmes essentiellement sociaux... Donc dans un mois, on ne parlera plus de kpayo au Bénin ? " Canular, miracle et prétention " estiment la plupart des Béninois et acteurs du secteur informel que nous avons interrogé dans une vox populi publiée dans le numéro précédant de votre journal. Pourtant, lors de son intervention retransmise sur la chaîne nationale de télévision, le président Boni Yayi semblait bien rassuré et engagé pour la lutte qu'il dit entendre mener avec le concours de son homologue du Nigéria dont-il dit avoir reçu la bénédiction depuis sa dernière visite de travail chez lui. Et la chose semble prendre corps petitement dans nos villes avec des descentes, la semaine écoulée, de quelques équipes de sapeurs pompiers qui ont même procédé à des arrestations du liquidé incriminé. Ce qui du coup a fait reculer les commerçants installés le long de nos artères principales même si quelques deux jours après ils sont revenus à la position de départ.

Un secteur têtu !


En réalité, le scepticisme des Béninois à l'éradication du kpayo qui constitue un fléau en vogue dans notre pays depuis des lustres est bien justifié. D'ailleurs, il devrait constituer un double défi pour le chef de l'Etat qui n'aura plus aucun argument pour reculer. Les raisons sont bien simples. Primo, la lutte contre la commercialisation de l'essence frelatée au Bénin ne date pas de l'avènement du régime Yayi. Plusieurs stratégies ont donc déjà été mises en place par les différents régimes qui ont précédé le régime Yayi sans pouvoir jamais aboutir. Réussir à éradiquer le kpayo ferait donc gagner Boni Yayi là où tous ses prédécesseurs ont échoué. Secundo, rappeler que le président Boni Yayi a déjà échoué face à un certains nombre de réformes courageuses entreprises de son propre chef ne trahit aucun secret. Alors, il revient ici donc au président Boni Yayi de démontrer aux Béninois que la parole du chef de l'Etat est sacrée et pleine de pouvoir. Une démonstration qui passera inévitablement par la réussite de l'audacieuse suppression du secteur informel qu'est l'essence frelatée.


Difficile mais pas impossible


En vérité, mettre une croix sur le secteur informel qui paraît le plus vaste et le plus organisé de notre pays ne sera pas le plus facile des combats pour le président Boni Yayi et son gouvernement qui ne sont justement pas à leur premier coup d'essai. L'indifférence des acteurs qui animent le secteur et qui depuis toujours réussissent à s'imposer à tout détracteur en dit long. Certes le kpayo constitue un problème crucial pour l'économie nationale qui souffre d'un manque de résultat dans nombre de sociétés d'Etat notamment à la Sonacop qui constitue l'un des gros soucis du ministère du Commerce. Réussir à éradiquer le kpayo fera indiscutablement prospérer les affaires de la Sonacop. De même, la disparition du kpayo sera la fin des nombreux épisodes de mort subite, incendies et autres dégâts matériels, corporels, et environnementaux causés par le trafic de l'essence frelatée dans notre pays. Mais au-delà de tout ceci demeurent des préalables à régler sans quoi la lutte que veux mener Boni Yayi est perdue d'avance. Couper cours à la commercialisation de l'essence frelatée aurait été applaudit de tous si notre pays le Bénin disposait encore d'une politique d'installation de mini stations-services capables de favoriser l'approvisionnement des usagers en tout temps et en tout lieux. De combien de stations-services disposent nos villes pour combien de clients potentiels ? De même, le gouvernement béninois a-t-il déjà mis en place une politique de réinsertion des acteurs du secteur qui se comptent par milliers ? Le président Boni Yayi a semblé dire dans son intervention " annonce " que ce deuxième aspect sera étudié une fois la réforme instaurée mais de l'avis des observateurs, le chef de l'Etat s'en va mettre les charrues avant les bœufs. Entreprendre et réussir l'éradication du kpayo au Bénin n'est pas la chose impossible, mais ce qui parait comme un miracle est de voir Boni Yayi atteindre cet objectif au bout d'un mois comme il le prétend. Sauf s'il a voulu dire que dans un mois le processus sera enclenché.

Vitali Boton