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Mobilisation autour de l'affaire Moudjaidou: Qui pense encore à la correction de la Lépi ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Adjinakou du 14/11/2012   
Mercredi, 14 Novembre 2012 07:16

Nul ne peut s'en douter. L'affaire ''tentative d'empoisonnement du chef de l'Etat'' réussi bien à mobiliser toutes les attentions et les énergies. Devenu de fait le seul, ou du moins le plus important dossier de la République, ce nébuleux dossier qui devrait être la chose exclusive de la justice monopolise toutes les attentions de tous les acteurs de la vie sociale, politique, économique au point de faire oublier le cas de la Lépi alors que l'échéance des élections communales se rapproche...
Depuis que l'affaire dite de "tentative d'empoisonnement du chef de l'Etat'' occupe la Une de l'actualité, il n'y a plus de place pour autre chose. Des initiatives se multiplient qui varient selon la force de mobilisation et la foi spirituelle des organisateurs. Messes d'actions de grâce, marches de soutien, séances d'informations ou de témoignages, séances de prières diverses, visites au président de la République cité comme principale cible dans ledit dossier et bien d'autres encore, sont entre autres les fruits de l'imagination apparemment très fertile des acteurs politiques béninois qui trouvent ici une occasion en or soit de ressusciter la confiance du chef de l'Etat, soit pour lui renouveler son opposition à son régime et à sa mode de gouvernance. Dans ce lot de manifestants et d'organisateurs se décomptent ministres au gouvernement, directeurs généraux de société d'Etat, députés à l'Assemblée nationale, cadres à divers niveaux de l'administration publique, chefs de partis et de coalition de partis politiques, acteurs de justice, bref la plus grande majorité des acteurs de la société.


Contradictions et dilatoire !


A l'écoute des messages relayés par les médias lors des diverses sorties au sujet de la supposée tentative d'empoisonnement du chef de l'Etat, des passages tels que " j'ai foi en la justice de mon pays ", " laisser la justice faire son travail " et " le bénéfice du doute " reviennent presque toujours mais paradoxalement sans empêcher les courtisans ou détracteurs, selon le cas, de clamer leur compassion ou de dénoncer un complot dans le célèbre dossier qui, rappelons-le, a déjà fait le tour du monde. Sans le moindre élément de preuve, chaque partie défend sa thèse sur la base de quelque supputation semant du coup, le doute dans la tête des populations. Une situation qui a priori ne manquerait d'influencer la justice dans sa démarche de recoupement et de synthèse sur la base non seulement de textes juridiques mais aussi parfois des facteurs socioculturelles et politique de notre pays. Au-delà donc d'aller vite en besogne et de passer à côté de l'essentiel, nos " amis charmeurs " semblent confondre dans leur déclaration.

Revenir à l'essentiel…


Loin de nous l'idée de dévaluer l'affaire tentative d'empoisonnement du chef de l'Etat qui avouons, est scandaleux pour notre pays quelque soit la suite qu'en donnera la justice. Car avérée ou non, c'est notre jeune démocratie qui en reçoit le coup. Toutefois il paraît indispensable de dénoncer comme un détournement d'intentions et d'attentions de tous les grands dossiers de la nation restés en suspend depuis l'ouverture du dossier dit suicidaire pour le président de la République. Si les négociations gouvernement-syndicats qui risquent de plonger l'école béninoise dans une nouvelle crise si rien n'est fait, les dysfonctionnements dans la fourniture de l'énergie électrique, la pénurie régulière voir permanente des produits pétroliers dans nos stations -Sonacop souffrent désespéramment de solutions parce que mis en veilleuse. Il y a pourtant aussi urgent, qui lui également semble passer sous silence. La correction de la Lépi, ce sujet qui a le privilège de décider de l'avenir politique de notre pays est étrangement rangé aux oubliettes. Bloqué au parlement avec les deux propositions de lois déposées à la commission des lois, la liste électorale permanente informatisée susceptible de correction avant les prochaines communales de 2013 ne fait plus la préoccupation d'aucun acteur politique si ce n'est la tournée d'identification des unités administratives entamée samedi dernier par les députés. Pourtant il s'agit ici d'un dossier autant urgent et délicat pour notre pays qui a frôlé de justesse le pis lors de la dernière élection présidentielle. Pour éviter donc de rééditer cette épreuve qui fort heureusement n'a pas conduit notre pays au chaos les politiques et autres acteurs de notre société sont invités à réserver à la correction de la Lépi les mêmes énergies et attentions. L'après 2013 en dépend.

Vitali Boton