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Retour de Kassa au gouvernement: Pétrole béninois : un coup de bluff ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Adjinakou du 31/10/2012   
Mercredi, 31 Octobre 2012 07:14

Revenu dans l'équipe gouvernementale à la faveur du dernier remaniement technique opéré par le président Boni Yayi, le nouveau ministre de l'Energie, des Recherches Pétrolière et Minière, de l'eau et du développement de l'Energie renouvelable semble occuper désormais une bonne partie de l'espace médiatique depuis sa prise de service... Barthélemy Kassa laisse donc imaginer qu'il prend la mesure de son come-back et des défis qui y sont liés, sauf qu'il ne finira de convaincre l'opinion publique que lorsqu'il aura enfin découvert le gisement de pétrole qu'il a tant promis aux Béninois.

L'un des plus grands mérites que pourrait avoir le régime Yayi serait la découverte du pétrole dans le sous-sol du Bénin. Ne pas y parvenir confirmerait sans nul doute ses limites dans sa capacité à donner corps aux rêves de richesse du Bénin et à honorer ses engagements. C'est Barthélemy Kassa qui est alors investi de cette mission et son retour au gouvernement retient toutes les attentions, car il repose sur la base de sa seule capacité verbale à convaincre le chef de l'Etat de l'existence d'un gisement pétrolier au large des cotes béninoises.

C'est dire donc qu'au-delà de toutes les considérations, le retour du ministre natif de Matéri devrait être suscité plutôt par sa maîtrise et sa compétence dans le domaine de la recherche pétrolière. L'homme devra donc en donner la preuve au risque de trahir le rêve fou de son mentor qui vient de lui renouveler sa confiance après un petit détour au parlement.

Obligation de résultats

En vérité, la ré-nomination du ministre Barthélemy Kassa doit être vue comme une condamnation à une obligation de résultat. Outre sa loyauté et sa fidélité politique vis-à-vis du régime Yayi, le Docteur en sciences agronomiques (PhD) et enseignant à la Faculté des Sciences Agronomiques à l'Université d'Abomey Calavi peine en effet à convaincre techniquement les Béninois depuis sa première participation au gouvernement de Boni Yayi. Pourtant, il semble tenir un discours rassurant et réussi bien à redonner espoir à ceux qui croient encore à la découverte très prochaine du pétrole au Bénin. Pour l'heure, seuls ses talents de comédien lors des shows médiatiques périodiques sont une certitude.

Barthélémy Kassa devra pour une fois donc passer à l'essentiel car le régime auquel il appartient n'a plus que trois ans devant lui et le député élu de Matéri n'aura plus aucune chance de se dédouaner d'un quelconque échec. Tel que promis aux Béninois par le chef de l'Etat lors de sa sortie médiatique du 1erAoût, Barthélemy Kassa est appelé à faire jaillir le pétrole au grand bonheur de l'économie nationale. D'ailleurs, il avait déjà laissé l'impression de n'être plus loin du Graal avec l'exhibition, à grand renfort médiatique lors de son premier passage au gouvernement, d'un petit flacon de liquide noirâtre qui serait la preuve que le sous sol béninois est bien riche en pétrole. Toutefois, l'homme paraît conscient des enjeux de son retour au gouvernement pour avoir déclaré lors de sa prise de fonction : '' Je suis convaincu que je n'aurai plus d'excuses à présenter au président de la République encore moins à ce peuple qui espère si tant des fruits de ce come back ''

Sous-sol et sol !

A bien y voir, l'ancien ministre des Recherches Pétrolières et Minières devenu Ministre de l'Energie, des Recherches Pétrolière et Minière, de l'eau et du développement de l'Energie renouvelable gagne en terrain qu'en charges. Ajoutés au sous-sol dont-il prévalait gérer à lui seul les ressources, Barthélemy Kassa a désormais en charge la gestion des questions énergétiques et de l'eau. Quand on sait que la distribution de l'électricité et l'accès à l'eau potable restent des maux têtus dont souffrent au quotidien les Béninois, on peut bien prédire sans risque de se tromper que le ministre du sous-sol, que dis-je, le ministre du sous-sol et du sol se retrouve doublement dans le viseur tant de son chef que de tout le peuple. Réussir à relever au mieux ces défis donnerait à son come-back tout son sens et ferait de lui l'un des architectes inéluctables de la refondation. Le contraire ne constituerait que son échec et celui de son chef dont il paraît pourtant avoir (re)gagné toute l'estime.


Vitali Boton