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Interview de Patrice Talon sur Rfi: La révision au centre du divorce Yayi-Talon PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Adjinakou du 30/10/2012   
Mardi, 30 Octobre 2012 08:20

Patrice Talon est enfin sorti de son mutisme. L'homme d'affaires, mis à l'index comme commanditaire de la présumée tentative d'empoisonnement du chef de l'Etat avec la complicité d'un ancien ministre, du médecin personnel du chef de l'Etat et de sa nièce s'est prononcé sur Radio France Internationale(Rfi). Dans cet entretien Patrice Talon qui n'a gardé sa langue dans la poche a fait des déclarations qui sont autant de révélations sur les vraies raisons du divorce entre lui et le Président Boni Yayi : son refus de cautionner la volonté exprimée par le chef de l'Etat de réviser la Constitution…
Ceux qui l'avaient souhaité ont finalement eu gain de cause car Patrice Talon a parlé. Il a parlé pour laver son honneur dans cette affaire qui secoue depuis bientôt deux semaines la République et même au-delà. Le constat qui se dégage de cet entretien est qu'il rejette en bloc toutes les accusations portées contre sa personne. S'exprimant sur cette affaire de tentative d'empoisonnement du chef de l'Etat, l'homme d'affaires, Patrice Talon a déclaré sur les ondes de Rfi que c'est un canular qui n'est pas le premier. " Je ne suis pas à ma première accusation. C'est la énième accusation de tentative de déstabilisation, de coup d'Etat, d'élimination de Boni Yayi ", a-t-il dit en substance avant d'ajouter " ce qui est surprenant, ce n'est pas le fait qu'on m'accuse d'une énième tentative de coup d'Etat contre Boni Yayi, ce qui est surprenant, c'est le caractère ultra-grotesque de ce scénario ".

Pour Patrice Talon, ses déboires ont commencé avec le chef de l'Etat lorsqu'il a refusé de cautionner la révision de la Constitution voulue par ce dernier. Les propos tenus par M. Talon sur Rfi en sont illustratifs "… dès que le Président Boni Yayi a été réélu en 2011, sa principale préoccupation était de réviser la Constitution pour pouvoir rester au pouvoir, se représenter. Donc, le Président m'a sollicité pour que j'accompagne son nouveau projet politique en utilisant mes relations et mes moyens pour obtenir auprès de l'Assemblée nationale, le nombre de députés qu'il faut pour voter ce genre de modification qui nécessite une majorité qualifiée. Comme nous sommes des amis, j'ai pu quand même lui faire comprendre que ce n'était pas indiqué, que ce n'était pas faisable, que ce n'était pas bien. Et même si j'avais voulu, ça n'aurait pas marché. Le peuple béninois est attaché à sa démocratie. J'ai résisté donc j'ai refusé".

Crime de lèse-majesté


L'homme d'affaire Patrice Talon de part son intervention vient donc de donner sa part de vérité au sujet des vraies raisons de la lune de fiel entre lui et son compagnon des dernières luttes politiques qui n'aurait pourtant pas lésiner sur les moyens pour assurer l'élection et la réélection du président Boni Yayi en 2006 et en 2011. Mais, avant, le chef de l'Etat a eu la gentillesse de lui accorder une dernière chance afin qu'il se rachète a-t-il expliqué. Morceau choisi : " Patrice, tu sais tu cours un risque en me résistant parce que après tout je suis le Président du Bénin. Le Président a beau être ton père, ton frère ou même ton fils, il faut savoir qu'un chef de l'Etat peut être dangereux pour toi. Révise ta position ". Puisque l'homme d'affaires, Patrice Talon a continué de résister, il est devenu l'ennemi N°1 du président de la République à abattre par tous les moyens a-t-il confié au journaliste de Rfi ce lundi matin. C'est justement dans ce registre qu'il faut classer la supposée tentative d'empoisonnement qui agite depuis peu la République et qui est en train de ramener la saison des marches, des prières et des meetings de soutiens et autres. A la question de savoir si les présumés coupables arrêtés ont réellement tenté d'empoisonner le chef de l'Etat, Patrice Talon répond par la négative. Mais, à une autre de savoir s'ils sont alors complices du pouvoir dans une machination contre lui, il répond en ces termes " Vous savez, tous ceux qui connaissent le Président savent qu'il peut utiliser n'importe quoi et n'importe qui pour arriver à ses fins. C'est triste. Je ne vais pas dire plus. Ce n'est pas la 1ère fois que je suis victime de manipulation ".

A l'analyse de ces déclarations suffisamment graves, on peut retenir deux choses. La première, c'est que le chef de l'Etat nourrit l'ambition de rempiler après 2016. Malgré donc ses professions de foi, il caresse ce vœu que Patrice Talon a refusé de l'aider à se réaliser. D'où ses problèmes avec Yayi. La seconde, c'est que la chasse aux opérateurs économiques dont on avait parlé est bel et bien une réalité. Car, Patrice Talon a dit avoir fui le Bénin par la brousse parce que le Haut commandement militaire aurait reçu des instructions du chef de l'Etat pour l'arrêter. Comme on peut le constater, cette sortie médiatique de M. Talon a permis à l'opinion publique nationale et internationale d'en connaître un peu plus sur le dossier qui agite l'opinion publique depuis quelques jours. Dans tous les cas, le mis en cause entend répondre aux accusations mais en attendant s'affaire pour les précautions juridiques qui s'imposent. Une mesure qui selon lui vise à épargner sa vie de tout danger.
Edgar Gnimavo

· L'intégralité de l’interview de Talon sur RFI

L'homme d'affaires béninois Patrice Talon est accusé d'avoir voulu faire empoisonner le président Boni Yayi, avec l'aide de la nièce et du médecin personnel de ce dernier. Patrice Talon est en fuite. Le mardi 23 octobre dernier, la justice béninoise a délivré contre lui un mandat d'arrêt international. Pour la première fois, ce 29 octobre, l'homme d'affaires s'exprime, et c'est sur Radio France Internationale (RFI). Patrice Talon se confie au micro de Christophe Boisbouvier. Pour l'homme d'affaire, toute cette histoire s'apparente à un " canular ".


RFI : Vous êtes au centre d'un scandale, au Bénin. Vous êtes accusé d'avoir voulu empoisonner le chef de l'Etat, quelle est votre première réaction ?


Patrice Talon : Canular. C'est un canular qui n'est pas le premier et qui n'est peut-être pas le dernier. Vous savez, le ridicule ne tue pas au Bénin. Je suis l'ennemi n°1 du président et au lieu de construire les choses les plus grotesques pour mettre un Monsieur Talon sous cloche, Dieu fasse que le président retrouve ses esprits et qu'il sache qu'après le pouvoir la vie continue, et qu'il retrouve le calme.


Revenons à cette énorme affaire de tentative d'empoisonnement. Mais disons avant tout que le président Boni Yayi et vous-même êtes brouillés depuis un peu plus d'un an, et qu'avant cette brouille, vous étiez très proches. Avez-vous sponsorisé les campagnes électorales du candidat Boni Yayi en 2006 et 2011 ?


Je ne vais pas le cacher, c'est réel. J'ai été un sponsor du président Yayi Boni. Comme tant d'autres, je l'ai conseillé et introduit là où j'ai pu pour sa conquête du pouvoir, en 2006 puis en 2011.


Après la victoire de Boni Yayi, vous avez décroché de gros marchés, comme la gestion du PVI, le programme de vérification des importations au port de Cotonou. Il y a quelques mois, vous avez perdu ce marché, pourquoi ?


Pour moi, c'est peut-être une punition …


Est-ce pour la même raison que vous avez perdu le monopole sur les importations d'intrants, les engrais, les insecticides, dans le secteur du coton ?


Je peux dire que oui. Toujours à titre de punition, il a été décidé brutalement d'arrêter l'intervention du privé dans ce secteur qui relève des activités privées au Bénin depuis bientôt deux décennies. Tout a donc été arrêté du jour au lendemain. Mais ce n'est pas la première fois. J'ai déjà été dans le passé suspendu comme cela, arbitrairement, pendant deux ans. J'ai attendu. Vous savez, quand on sait qu'on est bon on attend le retour de la vérité. Je suis habitué. Il faut accepter aussi de connaître ce genre de déconvenue et être patient. Ça je sais faire.


C'est l'histoire du surintendant Fouquet sous Louis XIV ! Vous êtes devenu trop riche, trop puissant ?


C'est à croire, mais je pense que mon malheur c'est d'être des fois trop indépendant, de ne pas mettre ma personne totalement au service de choses auxquelles je ne crois pas.


Trop indépendant, dites-vous. Est-ce que, ces derniers mois, le chef de l'Etat vous a demandé des services que vous avez refusé de lui rendre?


Vous savez, c'est un secret de polichinelle ! Je vais vous le dire et tout le monde le sait : dès que le président Yayi Boni a été réélu en 2011, sa principale préoccupation était de réviser la Constitution.


Pour pouvoir se représenter en 2016 ?


Oui. Pour pouvoir rester au pouvoir, se représenter. Donc, le président m'a sollicité pour que j'accompagne son nouveau projet politique en utilisant mes relations, mes moyens pour obtenir auprès de l'Assemblée le nombre de députés qu'il faut pour voter ce genre de modifications qui nécessitent une majorité qualifiée. Mais j'ai résisté. Comme nous sommes des amis, j'ai pu quand même lui faire comprendre que ce n'était pas indiqué, que ce n'était pas faisable, que ce n'était pas bien. Et même si j'avais voulu, ça n'aurait pas marché. Le peuple béninois est attaché à sa démocratie, donc j'ai refusé.


Mais le président ne vous soupçonne pas de soutenir un de ses rivaux potentiels ?


Il me l'a dit, il me l'a dit en face ! Vous savez, je suis à un point où je peux vous dire certaines choses. Le président m'a dit un jour, dans les dernières discussions que nous avons pu avoir yeux dans les yeux : " Patrice tu sais, tu cours un risque en me résistant. Parce que je suis après tout le président du Bénin. Le président a beau être ton père, ton frère, ou même ton fils, il faut savoir qu'un chef d'Etat peut être dangereux pour toi. Révise ta position ". Je suis encore là.


C'était quand cette dernière conversation ?


C'était en novembre-décembre 2011.


Revenons à l'affaire judiciaire du moment. Ce qui est frappant dans les déclarations du procureur de Cotonou, c'est le luxe de détails. Il vous accuse d'avoir soudoyé la nièce et le médecin personnel du chef de l'Etat pour que ceux-ci administrent au président des médicaments toxiques, qu'est-ce que vous répondez ?


Vous savez qu'au Bénin, je n'en suis pas à ma première accusation. C'est la énième accusation de tentative de déstabilisation, de coup d'Etat, de l'élimination de Yayi Boni par son pire ennemi qui est Monsieur Talon. Vous savez, on a déjà déclaré sur les antennes que Monsieur Talon a détourné 12 milliards de subvention. Puis on a dit : "Il est allé braquer les caisses. Monsieur Talon en personne est allé braquer la douane ! Il a pris deux milliards dans une fourgonnette, il est parti " … Ça a été dit par le gouvernement ! Puis, après, ce canular est passé. On a dit ensuite : " tentative de coup d'Etat, de déstabilisation ". Cela a été dit par le président lui-même le 1er août dernier. Puis on finit par dire çà et là : " Ça y est, il veut tuer le président et il a organisé ça avec son médecin, sa nièce et telle et telle personne. Il faut lui mettre la main dessus". Je suis parti de Cotonou il y a un mois par la brousse. J'ai fui parce que le Haut-commandement a été instruit par le président pour m'arrêter. Il y a un mois, heureusement qu'on m'a appelé, qu'on m'a dit : " Partez du pays tout de suite parce que dans une heure au plus tard, on viendra vous chercher ". Donc, ce qui est surprenant, ce n'est pas le fait qu'on m'accuse d'une énième tentative de coup d'Etat contre Yayi Boni ; ce qui est surprenant, c'est le caractère ultra-grotesque de ce scénario.


Mais cela dit, on imagine que comme vous étiez très proche du chef de l'Etat, vous avez croisé très souvent sa nièce et son médecin personnel ?


Je connais bien tout ce monde-là, très bien. Et tout le monde le sait.


Est-ce que vous avez rencontré la nièce du chef de l'Etat le 17 octobre dernier dans un hôtel de Bruxelles?


Nombre de personnes, de membres de sa délégation me fréquentent. Lors de la visite du candidat Yayi Boni à Bruxelles, le nombre de personnes qui sont venues me voir est bien au-delà de celui qu'on cite. Et ils le savent très bien ! Ce n'est pas la première fois ! Vous savez, une telle relation entraîne des tentatives de conciliation et de réconciliation : " dites-lui telle chose, faite ceci pour échapper à cela ". C'est quotidien. Dites-vous aussi que je suis parfois demandeur. Parce que ce n'est pas facile de ne pas être bien dans son pays, avec le chef. On essaye par tous les moyens que les choses n'en restent pas là.


Ce qui est sûr en tout cas, c'est que depuis une semaine, trois proches du président, dont sa nièce, sont inculpés pour tentative d'assassinat et sont en prison. Vous pensez qu'ils ont réellement tenté d'empoisonner le chef de l'Etat ?


Mais non ! Maintenant, quel est le scénario des manipulations ? de qui ? de quoi ? J'ai mon idée là-dessus. Ce n'est pas dans nos habitudes, au Bénin, de faire ce genre de choses.


Mais alors s'ils n'ont pas comploté contre le chef de l'Etat, sont-ils les complices du pouvoir dans une machination contre vous-même ?


Vous savez, tous ceux qui connaissent le président savent qu'il peut utiliser n'importe quoi et n'importe qui pour arriver à ses fins. C'est triste. Je ne vais pas dire plus. Ce n'est pas la première fois que je suis victime de manipulation.


Un mandat d'arrêt international est lancé contre vous, est-ce que vous craignez d'être arrêté dans un pays de refuge et d'être livré aux autorités béninoises ?


Je compte bien sûr, dans tous les cas, répondre aux accusations. Ceux qui me connaissent me jugent parfois téméraire, mais je ne suis pas casse-cou. Je prendrai donc des précautions juridiques à ma portée pour répondre aux accusations. Mais sans mettre ma vie en danger.

Par Christophe Boisbouvier
Rfi.fr

· La réplique du gouvernement

24h après l'interview de patrice Talon sur Rfi, le gouvernement par son ministre de l'intérieur, de la sécurité publique et des cultes a exercé auprès de la Rédaction Afrique de RFI un droit de réponse dont voici la transcription.

Bonjour Monsieur le Journaliste,

Permettez-moi de revenir point par point sur ce qu'a dit Monsieur Talon sur votre chaîne :


1. Prétendu soutien à la Révision de la Constitution :


Je rappelle seulement, que déjà en 2007 au lendemain de son élection, le Président YAYI Boni a mis en place une équipe de Hauts Juristes comprenant le Professeur HOLO, Maître Dossou et autres et à leur installation, le Chef de l'Etat a martelé les points qui ne sont pas à toucher à savoir : le nombre des mandats et la limitation de l'âge.

Ce comité ad 'hoc devrait s'occuper de la constitutionnalisation de la Cour des comptes pour une meilleure gouvernance, de la CENA pour une meilleure autonomie et des dispositions pour mieux lutter contre les crimes économiques.

La position du Chef de l'Etat par rapport à la révision de la Constitution a été maintes fois confirmée à de nombreux Chefs d'Etat (Bush, Sarkozy, Obama et F. Hollande) et à une dizaine de chefs d'état lors de son investiture en 2011 et même au Pape Benoît XVI au cours de sa récente visite au Bénin.

Vous convenez avec moi qu'il s'agit de mensonge grotesque que de vouloir prêter d'autres intentions au chef de l'Etat.

2. Le Coton :


Depuis 1999, cette activité a été cédée à M. Talon avec des résultats qui ne sont pas à la hauteur de l'attente du Bénin, pour qui le Coton est un élément déterminant de la croissance.

En dépit de plus onze millions (11.000.000) d'euros de subventions à la filière par l'Etat, la production est tombée à son plus bas niveau en 2011 et face à la crise de confiance entre M. Talon et les producteurs, le Gouvernement a pris ses responsabilités à cette campagne 2012. Avec l'implication personnelle du Président de la République et de ses ministres, le Bénin atteindra une production record depuis les indépendances qui va aller au-delà de 450.000 tonnes.

Après cette expérience fructueuse, le Gouvernement entend mettre en œuvre des réformes pour une meilleure gestion de la filière de Coton qui passe par le zonage comme dans d'autres pays africains pour qu'il ait concurrence et forcément meilleure productivité.

3. Le PVI


Le Gouvernement a mis fin au contrat avec l'opérateur béninois pour faux et usage de faux conformément aux dispositions du code des marchés publics au Bénin.


4. Harcèlement contre l'opérateur économique


Il en est point. Aujourd'hui tous les béninois connaissent le mode de fonctionnement du Chef de l'Etat dans la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance, pour preuve depuis l'indépendance de notre pays, le Président Boni YAYI a été le premier Chef d'Etat a traduire cinq (5) de ses ministres devant la Haute Cour de Justice ; le Premier à demander que l'immunité parlementaire de deux députés de sa majorité soit levée ; le Premier à limoger indistinctement ses proches, les cas de ces dernières semaines en sont l'illustration.


5. Le soutien aux élections


Qu'il en apporte la preuve de ce qu'il a remis un seul centime au Chef de l'Etat. Si l'argent pourrait faire élire un Président, à coup sûr il ne s'agira pas du Président YAYI, qui lui a été un choix fait par le peuple béninois sur la base de sa valeur d'homme intègre et de sa rigueur dans la gestion de la chose publique comme il a si bien démontrée depuis la BOAD. Faire de telles affirmations selon lesquelles, seul l'argent peut élire, est une insulte au peuple béninois.

6. Dossier assassinat


Le dossier est pendant devant la justice et au vu de ce que les trois prévenus ont avoué au juge avec force détails, c'est que Monsieur Talon est bel et bien le commanditaire de l'opération. Comment ces trois personnes pourraient être manipulées par le Président de la République pour jouer un tel rôle. Monsieur MOUDJAIDOU est le bras droit de Monsieur Talon et directeur de la SODECO, Monsieur Cissé est le Médecin particulier du Président de la République et Commandant Militaire de son état. La troisième, la propre nièce du Chef de l'Etat, qu'il a manipulée sur tous les plans et permettez-moi de ne pas tout dire sur votre chaîne. Au lieu de nier l'évidence, je voudrais lui demander de faire confiance à la justice de son pays et qu'il vienne apporter sa part de vérité et qu'il dise pourquoi, lui et ses compères ont reçu en privé la nièce du Président de la République aux USA et en Belgique, pourquoi suivent-ils tous ses voyages depuis plusieurs semaines. Nous sommes dans un Etat de droit, où notre justice est indépendante au nom de la séparation des pouvoirs, pour preuve, je ne sais même pas qui est le juge qui a délivré le mandat d'arrêt encore moins le Président de la République.

Parler de canular, est suffisamment grave et une insulte à la conscience des Béninois. Mieux les trois ont donné des informations suffisamment graves sur les différents schémas de déstabilisation, l'explosion de l'avion du Chef de l'Etat par des dromes ; le recrutement de commandos pour déstabiliser le Bénin.

Je voudrais pour finir, dire encore une fois que le Président Boni YAYI n'a pas d'amis, ni de frères, ni de parents quand il s'agit de l'intérêt général. Car pour lui le seul combat qui vaille est celui qui concourt à l'amélioration des conditions de vie des béninois dans leur grande majorité. Il ne saurait donc être question pour lui de favoriser des intérêts particuliers, égoïstes au détriment de son peuple.

· La réaction des Béninois

Des Béninois choisis à tout hasard nous donnent dans le présent micro-trottoir leurs impressions sur la sortie médiatique de l'homme d'affaires Patrice Talon dont le nom est fortement impliqué dans l'affaire ''tentative d'empoisonnement du chef de l'Etat'' qui défraie actuellement la chronique. De la sortie médiatique du Procureur de la République à celle de l'opérateur économique en passant par celle du commissaire central de la ville de Cotonou, les interviewés émettent toujours des réserves et estiment pour la plupart qu'il y a derrière cette affaire un mystère. Lisez plutôt…

Nicaise Azomahou : Journaliste


J'ai suivi avec attention l'intervention de monsieur Talon sur la radio France inter et je me suis dis, voilà une sortie qui devrait clouer le bec à tout le monde, pas parce que l'operateur économique a convaincu les Béninois et l'opinion internationale mais tout simplement parce que depuis le début de la crise qui l'oppose à Yayi il n'est jamais sorti de façon officielle. Au delà de cette sortie médiatique, il va falloir que monsieur Talon vienne nous dire quel type de relation le liait à Yayi pour qu'aujourd'hui on observe une telle situation entre les deux. Il faut que notre justice soit impartiale et fasse les enquêtes avec professionnalisme pour nous permettre de comprendre le fond du dossier et savoir qui ment et qui dit la vérité. Jusqu'ici personne ne peut adopter une position contre tel ou tel autre malgré les démonstrations du commissaire Houndegnon et la réplique de Talon.

Clémentine Lokonon : Imprimeur


Je ne sais pas si nous avion suivi la même émission sur la RFI, si oui, je dirai que nous ne devons plus polémiquer autour de ce sale dossier. J'ai comme l'impression que le journaliste à piégé l'opérateur économique qui est tombé dedans. Sinon comment comprendre que sur la question de savoir s'il a reçu à l'hôtel certains membres de la délégation de Yayi, il reconnaît avoir faire des échanges avec plusieurs personnes. Ces propos mettent en doute là l'innocence de Talon. Le tout ne suffit pas qu'il fasse de loin des déclarations pour dire que c'est un acharnement. S'il est sûr de lui-même il doit se rendre à la justice de son pays pour être entendu.

Boniface Yèhouétomé : Député


Honnêtement je n'ai pas suivi la déclaration de Talon, mais à la situation de tentative d'assassinat nous devons faire beaucoup attention et ne pas prendre position. De tout ce qui se dit, il peut avoir une part de vérité comme ça peut être un montage comme certains le disent. Mais moi je ne peux pas prendre une position car tout est possible. Je ne veux pas vous parler de mon propre cas, mais je dois nous inviter à rester au milieu pour analyser les faits.

Pierre Hounssou


Cette affaire que le gouvernement même a amenée devant la place publique depuis quelques jours n'a rien de véridique. Parce qu'ils ont cherché par tous les moyens à avoir Mr Talon, le gouvernement n'a trouvé mieux qu'un complot pour finir avec lui. Après l'affaire PVI, Coton, où le gouvernement n'a pas eu gain de cause, on cherche par tous les moyens pour réduire l'homme d'affaires au néant. A l'entendre hier sur la radio Rfi, Patrice Talon a relaté les vraies versions de cette situation. Qu'on cesse de distraire le peuple béninois.

Latifou Daouda,


Nous avions été soulagés hier d'entendre Patrice Talon sur Rfi, qui a clarifié les faits. A l'entendre c'est la volonté de réviser la constitution qui l'oppose à Yayi. Sur l'antenne, Patrice Talon a montré de fond en comble, combien de fois le chef de l'Etat tenait coûte que coûte à la révision de la constitution et avait sollicité sa contribution ce qui n'était pas de son goût. Cette affaire d'empoisonnement est un pur complot dont le gouvernement même est à la base.

Toussaint A.


Cette affaire d'empoisonnement qui est en actualité, si cela tenait qu'a moi seul c'est une affaire non lieu. Si on analyse bien cette déclaration, ledit complot implique au moins trois personnes très proche du chef de l'Etat, non, le chef de l'Etat n'est pas un simple individu. Je ne crois pas à cela. Et plus grave encore la nouvelle est venue de l'extérieur, non, ils n'ont qu'à se comprendre.

Donald C.


Si les faits reprochés à Mr Talon étaient vrais, c'est vraiment dommage. Mais suite à la déclaration de Talon hier, on ne sait plus celui qui dit la vérité et on tente d'emballer toute une nation dans les problèmes personnels. Six à cinq ans avant, ces deux personnes étaient des amis inséparables, lorsque les affaires à coût de million coulaient entre les deux.

David Bonou


Suite à la déclaration de Mr Talon il faut dire qu'on s'y attendait déjà. Personnellement je pense qu'il y a du vrai dans ce qu'il dit, ce n'est pas après un an que Talon va chercher à empoisonner un chef de l'Etat. Vu le rapprochement entre les deux hommes, je crois plus en l'homme d'affaires qu'au président de la République.


Polycarpe Aniwanou : Agent des eaux et forets


Sous réserve des résultats de l'enquête de la justice sur cette affaire d'assassinat et d'empoisonnement du chef de l'état, je crois que le peuple béninois est entrain de se fixer désormais et c'est un coin de voile qui vient d'être levé sur ce dossier car nous avons assisté hier à une réaction contraire à celle qu'on nous servait depuis quelques jours. Avec cette verve du mis en cause, j'ose croire à une certaine vérité à travers ses propos qui viennent donner un nouveau rebondissement dans cette affaire. Pour ma part, je souhaite vivement que la justice soit impartiale pour donner la preuve de sa bonne foi pour nous sortir la vérité et rien que la vérité.


Vivien Adanhou : Inspecteur de l'enseignement secondaire


Il y a longtemps que le peuple réclamait cette réaction de la partie adverse et voilà qui est

fait. A mon avis, cela nous rend plus perplexe et nous ne savons plus d'où sort la vérité puisque chacun essaie de tirer le drap de son coté. Je crois que si la justice veut vraiment être juste elle doit prendre en compte tous les éléments des deux cotés pour statuer. Le

hic est que ce gouvernement nous a habitués à des décisions de justice non rendues surtout celles qui ne l'arrangent pas. Je peux vous compter le résultat des audits, l'affaire Dangnivo, l'affaire du juge Coovi même si cette dernière est avant l'ère Yayi.


Philomène Yèwénou épouse Hounkanrin : Commerçante au marché Ouando


Que les politiciens arrêtent de nous distraire ; c'est parce que cela sent mal entre eux aujourd'hui que nous sommes informés. Lorsque ces deux personnes prenaient en otage le devenir de toute une nation au profit de leurs intérêts, c'était en vase clos et personne ne pouvait en parler. Que Talon attente à la vie de Boni Yayi aujourd'hui, j'avoue en toute honnêteté que cela ne me gène en rien ; Yayi peut faire de même à Talon, je m'en moque. Vous avez compris avec moi que c'est un conflit d'intérêt. Certaines langues annoncent que c'est ce Talon qui a financé le fameux KO de Yayi ; si c'était vrai, que Talon accepte de payer les frais de son refus à financer également la pérennisation de Yayi au pouvoir après 2016 ! L'essentiel pour moi que le marché soit reluisant pour la paix dans les foyers.

Propos recueillis par C. Honvoh, A. Watchinou C. Kèkè