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Lancement de la table ronde sur le partenariat public-privé:Yayi-Ajavon, la paix des braves ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Matinal du 30/10/2012   
Mardi, 30 Octobre 2012 07:21

La mésentente entre le Chef de l’Etat, Yayi Boni et le premier représentant du secteur privé, Sébastien Ajavon n’est plus à l’ordre du jour depuis hier ouvrant ainsi une nouvelle page favorable à un partenariat public-privé. Mais pour en arriver là, il y aura eu un moment de brouille entre les deux hommes... Des envolées verbales par presse interposée, des rencontres de détente non concluantes, des accusations de fraude fiscale et d’acharnement contre les opérateurs économiques, le tout mêlé à une crise au niveau de la Fédération béninoise de football. Les séquelles étaient grandes. Il est à souhaiter que cette entente panse les anciennes plaies pour ouvrir la voie d’un dialogue sincère basé sur la confiance mutuelle et la relance économique. De quoi affirmer que les travaux de la table ronde sur le dialogue devant déboucher sur le partenariat public-privé ont démarré sous de bons auspice hier lundi 29 octobre 2012 au Palais des congrès à Cotonou, sous la présidence effective du Président de la République, Yayi Boni.
Il ne manquait que cela pour rassurer investisseurs et acteurs public et privés présents aux assises de ce lundi. La confiance secteur public-privé qu’on a déclinée dans les discours attendait un acte majeur. Celui de la volonté des premiers acteurs que sont le Chef de l’Etat et le Président du Patronat Sébastien de rassurer les uns et les autres de cette paix retrouvée. Sans retenue, les deux hommes ont peut être sans le savoir, posé les bases de cette confiance. Cette chaude poignée de main accompagnée de sourire, suite à la transition du poète Eric Hector Hounkpè, n’avait au fond rien d’anodin. C’était un déclic. Le signe d’une ouverture, d’une disponibilité des deux hommes dont les premières lignes ont commencé par s’écrire depuis l’apparition du patron des patrons à la conférence préalable à la tenue de la table ronde. Au lendemain de cette sortie, beaucoup avaient conclu mais avec des réserves, à un rapprochement des deux hommes. Des réserves qui étaient tout aussi justifiées au regard des événements qui ont précédé ce rapprochement. Mais la détente de ce lundi pousse à être péremptoire.

Les assurances du gouvernement

Pendant trois jours, les acteurs du secteur public et du privé travailleront à restaurer sur la base d’un postulat clair une confiance réciproque pour une véritable relance de l’économie nationale. La finalité de cette option qui n’est que la déclinaison du forum sur la gouvernance lancé le 15 décembre 2009, est de parvenir à renforcer le partenariat public-privé pour un climat d’investissement sécurisé et porteur de croissance. Au début des travaux ce lundi, les partenaires au développement, les représentants des institutions régionales, le Patronat et le Président de la République ont manifesté leur engagement sans faille à définir ensemble un projet de mécanisme, qui permette au secteur public et privé de poser les bases d’un dialogue permanent, en vue de la prospérité de l’entreprise et de l’économie béninoises. Et concernant la relance économique, quatre grands axes seront abordés au cours des assises. Il s’agit de la définition de l’orientation macroéconomique pour le développement du Bénin, des contraintes à l’investissement privé, l’instauration du dialogue secteur public et privé et l’allocation des ressources pour le développement du secteur privé. Pour le Président de la République, la nécessité du dialogue tient compte d’un certain nombre de défis internes essentiels que sont la restauration de la stabilité tant au plan politique, économique que sécuritaire. A ce niveau, il a insisté sur les principes de bonne gouvernance, de lutte contre la corruption, d’assainissement des finances publiques, la rationalisation des dépenses publiques, l’élargissement de l’assiette fiscale et bien d’autres. Le partenariat secteur public et privé devra aider à l’en croire, à intensifier l’investissement privé dans le domaine de l’énergie, des infrastructures, la création d’une administration de développement et l’instauration de la politique de réalisation des grands travaux. Et pour parvenir à relever ces défis, il a insisté sur la nécessité d’asseoir les bases d’un partenariat gagnant –gagnant qui rassure le secteur privé et contribue au bien-être de la communauté.

Les attentes du secteur privé
Dans son intervention, le Président du Patronat Sébastien Ajavon a insisté sur la restauration de la confiance entre le secteur public et privé. Pour lui, le rétablissement de la collaboration passe par la conceptualisation de la notion du partenariat public-privé. Ceci se traduit à l’en croire, par l’élaboration des contrats types entre secteur public-privé, la sacralisation des contrats, conventions protocoles et accords liant l’Etat au secteur privé, le traitement diligent des différends commerciaux, la création d’un tribunal de commerce et le respect rigoureux des conventions internationales dans les domaines des transports, du commerce et des technologies de l’information et de la communication. Au plan administratif, il a préconisé la révision du code de l’investissement, l’intégration d’une grande partie de l’informel au système formel, la normalisation du fonctionnement de la Ccib, la sécurisation des recettes fiscales et autres. Il a également souhaité au plan institutionnel, l’instauration d’un cadre permanent de dialogue public-privé et la création d’une administration permanente qui sera mise sur pied par décret dans un délai de 15 jours et institutionnalisée dans les 3 mois.
L’engagement des partenaires

La Banque ouest africaine de développement (Boad), la Banque africaine de développement (Bad), l’Union économique monétaire ouest africaine (Uemoa) ont à l’unanimité salué l’initiative qui consiste à instaurer un cadre permanent de dialogue pour la relance de l’économie nationale. Ils ont tous réaffirmé leur engagement à soutenir le Bénin à travers l’appui à l’investissement dans le cadre de ce partenariat naissant. La ministre nigériane des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala, a également exprimé la volonté du gouvernement nigérian d’appuyer le Bénin dans les secteurs stratégiques. « Nous sommes des pays frères. Nous sommes là pour voir dans quel cadre notre coopération peut se renforcer. Nous sommes à l’écoute de vos attentes », a-t-elle déclaré.

Hospice Alladayè