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Animation de la vie politique: Le Prd officialise son appartenance à l’opposition PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Matin du 13/04/2012   

A plusieurs années d’hésitation, le Prd a fini par clarifier sa position.  Profitant de la cérémonie officielle de l’ouverture  de la première session ordinaire de l’année 2012 qui s’est tenue au palais des gouverneurs hier à l’Assemblée nationale, les responsables de ce parti qui a perdu la dernière élection présidentielle ont enfin situer l’opinion nationale sur leur position réelle...

Ainsi, par la voix  du  porte-parole du bureau exécutif des tchoco-tchoco,  l’honorable Charlemengne Honfo,  qui pour la circonstance était entouré des députés du Prd, le parti politique  de Me Adrien Houngbédji a officiellement opté pour l’opposition formelle.

Léonel EBO  
 

Encadré          

PARTI DU RENOUVEAU DEMOCRATIQUE (P.R.D)

DECLARATION OFFICIELLE ET PUBLIQUE D'APPARTENANCE

A L'OPPOSITION

(Loi n"2OOl-36 du 14 octobre 2O02 portant statut de l'Opposition ; Décret n°2OO8-649 du 2O novembre 2OO8J

Béninoises, Béninois, Chers compatriotes,

Depuis l'historique Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990 qui avait redonné confiance et espoir au peuple béninois, le Parti du Renouveau Démocratique (PRD) a toujours œuvré pour la consolidation de notre processus démocratique en jouant sa partition sur l'échiquier politique national.

Vingt deux (22) ans après le début de cette exaltante expérience marquée surtout par six (6) élections législatives et cinq (5) élections présidentielles, les attentes de nos laborieuses populations, les acquis et les avancées résultant de notre combat pour la consolidation de notre démocratie ont été pratiquement réduits à néant, ne laissant plus que la peau sur les os, une coquille vidée de son contenu. En effet, il est loisible à tout observateur objectif de l'évolution de notre pays de relever le caractère persistant et marqué des dérives suivantes du régime en place:

1 - La dégradation de la gouvernance politique et économique du Bénin ; 

2-   la détérioration du niveau de vie des populations en termes de  pouvoir  d'achat ou  l'amenuisement  du  panier  de  la ménagère, au point où ce n'est plus que la lutte pour lasubsistance     qui     préoccupe     aujourd'hui     un     nombre grandissant de nos concitoyens;

3-   la   tendance   prononcée   à   l'autocratie,   la   disparition   ou l'assassinat de citoyens non élucidés   et le recul dangereux des libertés publiques, notamment les libertés syndicales;

4-   la perte de l'indépendance des institutions républicaines et de contre pouvoir qui devraient assurer un bon équilibre social et politique; de toute évidence, ces institutions, par leur inféodation à l'Exécutif, ne garantissent plus   d'espace d'expression de différences, encore moins de contestations ;

5-   la confiscation et l'achat des moyens de communication surtout audiovisuelle qui rendent aphone toute parole jugée indésirable ou professant une approche discordante de celle du pouvoir; 

6-    la  privation  arbitraire   et  illégale  du   droit  de  vote  de centaines   de   milliers   de   citoyens   et   leur   exclusion   du processus   d'élection   des   dirigeants   de   leur   choix   par l'imposition d'une Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) tronquée et non consensuelle ;

7-    la corruption généralisée en dépit de la marche réalisée au sommet de  l'Etat contre elle,  des déclarations officielles tonitruantes  de  tolérance zéro  contre  ce  phénomène  qui gangrène   notre   société,   détruit   la   valeur   du   travail   et
s'amplifie à l'occasion des activités électorales ; 

8-    l'impunité     des proches     du pouvoir érigée  en règle  de gouvernement ; les semblants d'initiatives du gouvernement pour  engager  des  poursuites  contre  certaines  personnes apparaissent  comme   des   mises   en   scène   politiques  en trompe l'œil, puisque les résultats sont nuls;

9-    la promotion du gain facile qui a provoqué dans notre pays la   ruine   de   milliers   de   compatriotes,   abusés   par   des comportements équivoques de hautes autorités et de leurs
proches au côté d'escrocs,   ce qui a fait perdre des sommes faramineuses à de braves citoyens ruinés à jamais ;

10-  l'improvisation,  avec  l'instabilité  décisionnelle  qui en découle, érigée en règle de gestion gouvernementale ;

11-le harcèlement, la fragilisation et l'asphyxie d'opérateurs économiques créateurs de richesses et d'emplois ;

12- la violation des droits acquis des travailleurs, notamment ceux des enseignants ;

13-  la politisation    à outrance de l'Administration d'Etat prenant pour base le régionalisme et le népotisme;

14-la mauvaise gestion de nos finances publiques et les réformes hasardeuses  qui  ont  pour effet  de  fragiliser le budget de l'Etat;

15-l'instrumentalisation de la justice à des fins politiques et   l'acharnement   du pouvoir à réaliser son inféodation à l'exécutif;

16-La  volonté   du   pouvoir  de   procéder  à   une   révision clandestine et opportuniste de la Constitution.

Chers Compatriotes,

De la politique du Changement proclamée en 2006 à la politique de Refondation annoncée en 2011, en passant par la politique fumeuse du Bénin Emergent, force est de constater que le bilan est peu reluisant, caractérisé qu'il est par la mauvaise gestion économique, politique et sociale.

Face à l'impasse et les revirements spectaculaires observés à tous les niveaux, le PRD est déterminé à œuvrer pour une meilleure gouvernance et pour l'alternance démocratique.

C'est pourquoi et conformément aux résolutions adoptées par son 3ème Congrès Ordinaire des 11 et 12 février 2012, entérinées par son Bureau Politique le 07 avril 2012, le PRD déclare par la présente être formellement dans l'opposition, en attendant le dépôt d'une proposition de loi modificative de la loi n°2001-36 portant Statut de l'opposition.