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Revirement politique depuis la fin des dernières élections: L’UN dépiécée au profit de la Mouvance PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Matin du 17/01/2012   
Mardi, 17 Janvier 2012 20:38

La saignée se poursuit au sein du groupe politique l’Union fait la Nation. Les dernières démissions de leaders politiques qui ont publiquement choisi de rejoindre la mouvance au pouvoir pour soutenir le Président Boni Yayi, donnent de jour en jour raison à ceux qui parlent d’une descente aux enfers de l’opposition et d’un avenir politique difficile pour les leaders...
Plus personne ne veut encore séjourner ou poursuivre la lutte des idées ou la bataille dans l’espoir de donner un jour une chance à l’opposition de conquérir le pouvoir. C’est ce que laissent penser les départs ou démissions en cascade, observés depuis quelques temps au sein de l’Union fait la Nation. C ’est vrai qu’il y en a encore qui sont dans leur logique d’une opposition au pouvoir en place. Mais objectivement, ils ne convainquent plus par faute d’une présence remarquable de leurs leaders sur le terrain qui devraient se prononcent régulièrement ou de temps en temps sur ²la gestion des affaires de l’Etat.  Mais ils n’interviennent plus pour critiquer les décisions et les actions engagées qui vont dans le sens ou non de la préservation des intérêts du pays. Est-ce un repli tactique, une démission ou un aveu d’incapacité de l’opposition à jouer son rôle dans un pays qui se veut démocratique comme le Bénin ? Le constat est tout simple. Les rapports de forces ont changé et ce qui peut être encore considéré comme une opposition à travers l’Union fait la Nation est de jour en jour affaibli et il se vide progressivement au profit de la mouvance au pouvoir. A ce rythme, la minorité finira par être réduite à sa plus simple expression, disparaîtra pour laisser place à une force politique unique autour du Président Yayi qui règnera en maître jusqu’à la fin de son second mandat.

On dira peut-être que ce n’est pas l’idéal pour le Bénin et que cela ne favorise pas la consolidation de la démocratie béninoise. Mais à qui incombe la faute ?  Faut-il forcer ceux qui ont battu il y à quelques mois campagne sur  idées fortes et un projet de société et qui ont juré de part leur conviction qu’ils ne fléchiront à sortir de leur léthargie pour sauver l’opposition. C’est impossible. C’est une question d’idéal, de conviction pour défendre les intérêts de son pays et conquérir le pouvoir pour mieux le gouverner.

C’est vrai l’idéal ou le plus important pour un pays qui s’est engagé sur la voie de la démocratie n’est pas une gouvernance ou un pouvoir à sens unique. Mais si les actuels dirigeants en ont conscience et faisaient l’effort de gérer de manière saine et rigoureuse les ressources du pays en privilégiant aussi la gouvernance concertée, la démocratie béninoise va davantage se renforcer pour le bonheur de tous les Béninois.

Euloge R. GANDAHO