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Inondation à Cotonou: La montée des eaux provoque le calvaire des populations sinistrées PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Matin de Septembre 2010   
Vendredi, 24 Septembre 2010 10:52

Le dérèglement climatique porte un impact sérieux sur le Bénin depuis peu. Des rares phénomènes commencent par devenir fréquents, l’irrégularité des saisons et la montée des eaux. Les deux dernières années sont bien illustratives des inondations survenues dans presque toutes les localités du pays. Après la crue du fleuve mono dans les départements du Mono-Couffo l’année passée avec de vastes conséquences, les populations de Karimama dans l’Alibori n’ont pas...

Le dérèglement climatique porte un impact sérieux sur le Bénin depuis peu. Des rares phénomènes commencent par devenir fréquents, l’irrégularité des saisons et la montée des eaux. Les deux dernières années sont bien illustratives des inondations survenues dans presque toutes les localités du pays. Après la crue du fleuve mono dans les départements du Mono-Couffo l’année passée avec de vastes conséquences, les populations de Karimama dans l’Alibori n’ont pas encore fini d’essuyer leurs larmes face aux dégâts énormes causés par le débordement jamais connu du fleuve Niger. Depuis environ une semaine, les fortes pluies des dernières semaines ont provoqué le comble des eaux du fleuve Ouémé qui a envahi plusieurs localités de Cotonou. Dès lors les populations sont inondées. Les eaux sont vraiment montées ces derniers jours et ont mis en cause la vie des paisibles populations. Face à cette situation de détresse, votre journal est allé auprès de certains sinistrés de ces localités inondées pour recueillir leurs impressions. Suivez ce qu’ils en disent.

Akoutè Sylviane, revendeuse de divers et habitante du quartier Fifadji

« Avant, l’eau nous envahissait mais pas comme c’est le cas ces derniers jours. Avant on arrivait à y résister mais cette année, l’eau a vraiment dépassé les limites d’avant. Elle a envahi la grande voie pavée de Fifadji. Sincèrement, nous sommes entrain de réfléchir à l’endroit où nous irons nous refugier en ce moment. Je ne peux l’expliquer, voyez-vous, l’eau est venue jusqu’ici où j’expose mes étalages pour faire de petites recettes. Je n’ai plus rien à ajouter.

Quenum Annicette, Habitante du quartier Gbèdjromèdé 1

Moi je suis ici maintenant, il y 15 ans, je n’ai jamais vu de telle situation. Cette inondation nous dépasse et nous voulons abandonner le quartier. Les enfants doivent reprendre le chemin de l’école d’ici quelques jours. Derrière nous ici, il y a une école qui est totalement flottante. Tournez là voyez la réalité. Nous sommes obligés de quitter le quartier.

Mathias Agnonlonsou, habitant du quartier Sainte Cécile en face de l’école « La Référence »

J’habite ce quartier maintenant, il y a très longtemps et je peux vous dire que j’ai vu de telles inondations, il y 32 ans. Les premiers jours, l’eau nous avait surpris dans le sommeil une nuit, nous croyons que c’était de l’amusement. Des heures après, nous avons dû superposer des briques puis nous avons commencé par nous demander où aller ; voilà que nous n’avons nulle part d’autre où nous rendre. Nos expériences entant que toffins nous ont permis d’échafauder quelque chose pour surmonter l’eau mais le lendemain, l’eau est montée à notre niveau. Nous ne savons plus quoi faire, nous implorons Dieu d’avoir pitié pour nous et nous sauver de ce drame ».

Une habitante de Ste Cécile au bord de la voie pavée

« Avant que les caniveaux ne soient construits, il n’y avait pas de tel phénomène. Toutes nos maisons sont remplies d’eau alors que nous sommes au bord d’une grande voie pavée qui s’est aussi transformée en lac. Si l’Etat peut faire quelque chose pour que nous puissions sortir de ce calvaire ce serait bon ou s’il faut fermer les caniveaux, alors qu’on vienne les fermer pour que nous ayons la paix ici, c’est fini ».

Maman Ro, Habitante du quartier Jéricho à Cotonou

« Avec cette situation actuelle, moi je n’ai rien d’autre à dire plutôt qu’à l’endroit des autorités qui voudrons certainement nous aider. Je leur demande de ne pas commettre l’erreur cette fois-ci d’aller remettre les aides à nous apporter dans les mains des délégués car, ces derniers n’ont toujours fait que détourner ces biens. Je n’ai plus rien à ajouter ».

Maman Chantal, habitante du quartier Akogbato

« Regardez comment la maison se présente, les enfants ne peuvent pas y rester, tout est rempli d’eau ce n’est pas du tout agréable. Si le chef de l’Etat veut faire quelque chose alors qu’il vienne lui même voir comment nous sommes avec la montée de l’eau. Il n’a qu’a nous aménagé quelque part pour qu’au retrait de l’eau, nous pouvons retourner vers nos maisons ».

M. Gaston, mécanicien auto, habitant du quartier Ste Cécile

Moi, je n’ai pas grand-chose à dire, j’ai déjà fais 6 ans dans le quartier mais je n’ai pas vu ceci avant. L’eau venait mais pas comme ceci et se retournait aussitôt. Pour cette fois-ci, c’est trop. Mais je vois qu’il n’ya pas de moyen curatif que d’attendre qu’elle prenne son temps pour se retirer. Ceux qui ont été touchés là, s’il y a quelque chose que le gouvernement peut leur faire, je crois qu’il faut vraiment le faire dans l’immédiat.

Directeur de l’école « La Référence » Groupe C

Cette période, c’est la période de pluie, il y a de l’eau partout c’est un phénomène naturel, on ne peut rien. Ce que moi je souhaite est qu’il faut que le gouvernement essaie de repousser la date de la rentrée des classes pour permettre à ce que l’eau se retire afin que les enfants puissent bien rentrer dans les écoles en ce début de rentrée scolaire. Cotonou n’est pas la seule ville à âtre victime de cette inondation ; plusieurs autres localités du pays le sont aussi.

Zoundji David, habitant du quartier Gbèdjromèdé

Nous exprimons notre cri de détresse au chef de l’Etat afin qu’il réfléchisse rapidement à notre cas. Avant, l’eau n’était pas aussi capricieuse. Mais cette fois-ci, elle est déchaînée.

Gohoungo Julien, habitant du quartier Ahouanssou

Cette situation ne dépend ni de l’Etat ni de personne, c’est un phénomène naturel qui nous est malheureusement arrivé. Nous en appelons aux bonnes volontés de venir à notre secours.

Cédric Lalèyè, habitant du quartier Gbèdjromèdé

L’inondation est fréquente dans notre quartier depuis plusieurs années mais ceci est la plus grave. Elle est due à mon avis au fait que des pierres soient déposées dans le lac Nokoué et qui ne facilite pas à l’eau du lac de communiquer avec la mer. Quand on aura enlevé ces pierres, je crois que de telle situation n’arrivera plus.

La situation est bien déplorable au niveau de ces localités inondées. Les populations sinistrées expriment leurs cris de détresse. Face à ceci, il est souhaitable que le gouvernement ainsi que les bonnes volontés volent vite au secours de ces dernières pour soulager leurs peines face aux caprices de l’eau qui a envahi tout.

Réalisé par Justin O. EDIKOU